Toutes les anecdotes

  • Avec près de 900 espèces dans le genre, les sauges se rencontrent pratiquement partout dans le monde et ont, depuis très longtemps, joué un grand rôle dans la médecine ; pas étonnant quand on sait que Salvia signifie guérir, sauver en latin, et que notre sauge officinale (Salvia officinalis) est encore appelée herbe sacrée ! Nombre d’autres noms témoignent de sa popularité, entre autres thé de France, thé de Provence ou de Grèce, sauge de Catalogne, petite ou grande sauge. Originaire du bassin méditerranéen, elle croît spontanément dans le midi de la France. En médecine populaire on l’utilise en infusion. Dans l'Antiquité, les Romains estimaient qu'elle favorisait la fécondation et protégeait contre douleurs et maladies. Dans la symbolique des plantes, elle incarne l’estime.

  • Bonbons, boissons, thés, la menthe (Mentha) se retrouve à toutes les sauces lorsqu’il s’agit d’aromatiser un produit. Son essence forme la base de bien des eaux de Cologne et de lotions ; en infusion elle est universellement connue ; dans votre baignoire, quelques poignées de feuilles parfument l’eau et vous procurent tonus et détente. Aux 25 espèces que compte le genre s’ajoutent des dizaines d’hybrides ou de cultivars, dont chacun possède ses qualités et ses utilisations propres, mais surtout son odeur spécifique ; en pharmacopée traditionnelle, les menthes sont également très diversement utilisées. C’est ce qui leur a valu d’être élues plantes médicinales pour l’année 2004.

  • Si le chewing-gum est bien un produit américain, ce ne sont pourtant pas les émigrants qui l’ont inventé ; bien avant la découverte des Amériques, les Mayas mâchaient le latex extrait du sapotillier (Manilkara zapota), arbre originaire d’Amérique centrale, haut de 25-35 m, qui fournit un délicieux fruit, la sapotille, dont le goût rappelle celui de la poire ; peu connue en dehors des pays producteurs, cette baie de la taille d’un citron se conserve très mal.

  • Même si le mariage n’est plus forcément la panacée dans le monde moderne, les anniversaires de mariage se fêtent toujours ; sachez à quoi vous en tenir : après 1 an, noces de coton ; 2 ans, noces de cuir ; 3 noces de froment ; 4 ans, noces de cire ; 5 ans, noces de bois ; 6 ans, noces de chypre ; 7 ans, noces de laine ; 8 ans, noces de coquelicot ; 9 ans, noces de faïence ; 10 ans, noces d’étain ; 11 ans, noces de corail ; 12 ans, noces de soie ; 13 ans, noces de muguet ; 14 ans, noces de plomb ; 15 ans, noces de cristal ; 20 ans, noces de porcelaine ; 25 ans, noces d’argent ; 30 ans, noces de perle ; 35 ans, noces de rubis ; 40 ans, noces d’émeraude ; 45 ans, noces de vermeil ; 50 ans, noces d’or ; 55 ans, noces d’orchidée ; 60 ans, noces de diamant ; 70 ans, noces de platine ; 80 ans, noces de chêne.

  • Arbrisseau atteignant jusqu'à 4 m de haut, originaire du Mexique, le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est actuellement (2004) la plante en pot la plus vendue au monde : plus de 100 millions, dont la moitié aux États-Unis ; c'est un des symboles de Noël, tout comme le sapin (Abies) et le houx (Ilex).

  • Des paradoxes, il y en a un peu partout, alors pourquoi pas dans la mythologie ? voyons les faits : Artémis, une des grandes divinités grecques, est armée de l’arc dont les flèches font mourir les femmes enceintes, elle défend ainsi son éternelle virginité ; et puis soudain elle devient protectrice des naissances, tout comme des vierges et des femmes malades ; quelque peu déconcertant, mais enfin, chacun a le droit de changer d’avis en cours de route ; et voilà qu’on retrouve cette cruelle bienfaitrice dans l’armoise (Artemisia vulgaris ), plante qui lui fut dédiée, car celle-ci est utilisée en phytothérapie pour régulariser les règles, calmer les douleurs qui les accompagnent, combattre la frigidité et aider pendant la ménopause ; tout pour les femmes !

  • Jadis suspects pour les uns, vantés par les autres, les mélilots (Melilotus) sont aujourd’hui appréciés pour leurs diverses propriétés : comme plantes médicinales, en fourrage ou engrais vert, en parfumerie ; ces voisins des trèfles et des luzernes, comptant une vingtaine d’espèces originaires d’Europe et d’Asie, possèdent des caractéristiques à peu près équivalentes ; à côté de l’homme et du bétail, les abeilles les tiennent en haute estime, normal quand on sait que leur nom vient du grec melilôtos et signifie loties à miel.

  • D’abord il nous enchante par sa magnifique floraison blanche, un peu plus tard il nous régale des ses succulentes cerises, le cerisier (Prunus avium ou P. cerasus), (espèces spontanées en Asie Mineure), est devenu progressivement subspontané dans toute l’Europe ; les fruits des différents cultivars sont consommés de bien des façons : crus, cuits, en conserve, en entremets, en eau-de-vie (kirsch) ; ils sont riches en vitamine C et en pro-vitamine A ; le bois est utilisé en ébénisterie et pour la fabrication de pipes ; le merisier ou cerisier sauvage, qui donne la merise, est également un Prunus avium, ses fruits sont un peu amers, donnent cependant de délicieuses confitures, des liqueurs, alors que son bois est aussi très utilisé en tournerie et en lutherie.

  • Voilà un nom qui sonne comme sa région d’origine : micocoulier de Provence (Celtis australis) ; grand arbre, jusqu’à 25 m, il est spontané dans sa Provence natale, son écorce rappelant celle du hêtre ; il n’est guère résistant dans les régions nord et est ; son bois, dur et résistant, n’en est pas moins souple ; son cousin, originaire de l’est des Etats-Unis et du Canada, est un des premiers arbres américains introduits en Europe, en 1636 : le micocoulier de Virginie (Celtis occidentalis) ; 12-18 m, il est bien plus résistant, et se colore en jaune pâle l’automne venu.

  • Bien avant l’arrivée des Européens en Amérique (7500 av. J.-C.il était déjà cultivé), les Indiens appréciaient l’avocat, fruit de l’avocatier (Persea americana), lui prêtant des propriétés aphrodisiaques et pensaient qu’il augmentait la virilité ; aux feuilles ils accordaient des vertus médicinales ; il aurait été introduit en Espagne en 1601, mais ce n’est qu’au 19ème siècle que sa culture s’est répandue ; il est consommé de différentes manières : tel, avec du sucre, du sel, du jus de citron ou du vinaigre, à la liqueur, cuit, en potage ; dans la cuisine mexicaine il sert de base au délicieux guacamole ; il donne une huile de table appréciée, également utilisée en cosmétique. Il est riche en lipides, protéines, vitamines, acides gras insaturés.

  • Oh, belle Marguerite ! chantait un grand artiste dans les années 1950 ; ce n’était pas notre charmante marguerite (Leucanthemum vulgare) qui était visée ; elle mériterait cependant aussi un bel hommage, ne serait-ce que pour son effeuillage que chacun d’entre nous a pratiqué à un moment ou un autre ; des pétales de la fleur, bien sûr ! dans le vocabulaire argotique, la marguerite désigne un objet, même s’il est utile, indispensable parfois, n’en pas très ragoûtant pour autant, puisqu’il s’agit du préservatif ; la belle n’a pas mérité ça, d’autant que son nom, dérivant du latin margarita, signifie "perle".

  • Besoin d’un petit remontant ? Pourquoi pas un quinquina ! Cet extrait de l’écorce d’un arbre, celle du quinquina (Cinchona officinalis), est largement utilisé sous forme de vin, de décoction, de teinture, de sirop ; mais surtout contre le paludisme sous la forme de la quinine, alcaloïde dérivé de la quinoléine.

  • Les arbres, en général, ne sont pas très pressés de grandir, mettant parfois des décennies pour atteindre leur plein développement ; d’autres, par contre, font montre d’une croissance extraordinairement rapide ; dans cette catégorie nous trouvons le guapuruvu (Schizolobium parahyba), originaire des forêts tropicales guyanaises qui, un an après le semis, atteint les neuf mètres, deux ans plus tard il culmine à vingt mètres…

  • L’arbre de Noël a conquis de plus en plus d’adeptes au cours des dernières décennies, aussi dans des contrées où jadis la coutume ne bénéficiait que de peu d’engouement ; aujourd’hui, le sapin de Nordmann (Abies normanniana) a remplacé en grande partie l’épicéa commun (Picea abies) et le sapin pectiné ou des Vosges (Abies alba) ; la première mention d’un sapin de Noël date de 1508 à Strasbourg ; en 1575 on en trouve trace à Berne, en Suisse, alors qu’en 1908, en Californie, on mettait en place le premier arbre illuminé avec des bougies électriques.

  • Dès les temps préhistoriques l’ail (Allium sativum), venu d’Asie Centrale, s’est répandu en Europe ; il est devenu un condiment d’usage universel, malgré l’aversion de certains ; ses propriétés médicinales sont incontestables et extrêmement multiples ; en cuisine il parfume d’innombrables plats ; dans le jardin ornemental on le rencontre de plus en plus souvent, les nouvelles races présentant des fleurs en boule de toute beauté ; quand vous achetez de l’ail au marché, ce n’est pas forcément une " marchande d’ail " qui vous en vend, loin de là, cette expression argotique désignant une femme soupçonnée d’homosexualité.

  • Côté superstition, c’est la championne ! Aucune plante, en effet, n’a autant impressionné les humains et créé autour d’elle un climat de mystère et suscité autant de croyances ténébreuses que la mandragore (Mandragora) . Il est vrai qu’elle a quelques particularités qui intriguent : la forme bizarre de ses grosses racines charnues d’abord, rappelant la forme humaine, ses propriétés médicinales et toxiques ensuite. Originaire des régions méditerranéennes, le genre comprend cinq espèces, la plus connue étant la mandragore officinale (M. officinarum)  qui aurait poussé au Paradis terrestre, suivant les traditions rabbiniques. Grecs et Romains l’utilisaient en philtres ; elle faisait naître l’amour et guérissait la stérilité. Tellement prisée, elle devint recherchée et chère au point où la contrefaçon était parfois pratiquée. Les feuilles de la mandragore d’automne (M. autumnalis) sont roulées et fumées comme un cigare.

  • De plus en plus de légumes arrivent dans les plates-bandes de plantes ornementales ; après le chou d’ornement (Brassica oleracea var. acephala) et le chou palmier (Brassica oleracea var. sabellica), voici le chou frisé (Brassica oleracea var. acephala subvar. laciniata fo. crispa) ‘Redbor’ ; peu sensible au froid, il supporte des gelées modérées, ce qui le rend attractif jusqu’en février ; mais les choux ne sont plus seuls, bettes, betteraves et autres artichauts les ont rejoints.

  • Quelque dix mille ans en culture, une vingtaine d’espèces dans le genre, des centaines sinon des milliers de cultivars, la plante jadis la plus cultivée au monde (le maïs et le riz le détrônent depuis peu en tonnage), occupant plus de 208 millions d’hectares, une production annuelle d’environ 556 millions de tonnes, récoltée pendant les douze mois de l’année tout autour de la terre, le blé (Triticum) est originaire du Moyen-Orient. Si l’on en croit la mythologie grecque, nous le devons à la " Mère des blés ", " la Terre féconde qui donne les blés ", la déesse Déméter. Elle fut, avec sa fille Coré, l’une des plus grandes divinités agraires attiques. Le nom latin de cette herbe (graminée, aujourd’hui poacée) vient du latin tritus, broyé, allusion aux grains que porte la plante, entre 45 et 60 par épi, et qui sont moulus pour faire la farine. Le blé tendre (Triticum aestivum), appelé aussi froment (nom générique du blé), donne pain et pâtisseries, avec le blé dur (T. durum) on fabrique les pâtes. Et avec tout cela on " fait son blé ", de l’argent, de la braise, de l'oseille, des picaillons, des ronds, du flouse, du fric ou du pèze, tout ça en langage familier, populaire ou argotique.

  • Des mites dans vos armoires ? Parmi les nombreuses plantes que l’on recommande contre ces indésirables, l’aspérule odorante (Galium odoratum) tient une bonne place, réputée chasser cet acarien.

  • Fort connues et utilisées comme verdure d’accompagnement par le fleuriste, différentes espèces d’asparagus se retrouvent aussi en pot chez l’horticulteur, comme Asparagus densiflorus ‘Meyersii’ et ‘Sprengeri’. Par contre, l’asparagus que vous achetez chez le marchand de primeurs vous est proposé sous le nom d’asperge (Asparagus officinalis). Sur les quelque trois cents espèces du genre, c’est évidemment la plus populaire. Le nom dérive du grec asparagos qui signifie plein de sève. Ce délicieux légume est cultivé et consommé depuis la plus haute Antiquité. Ses propriétés sur le plan santé sont appréciées, notamment la vitamine C qu’il contient .C’est vrai que la santé, faut l’avoir pour " aller aux asperges ", en fait en quête de client pour une demoiselle exerçant le plus vieux métier du monde.

  • Cultivé dès l’époque préhistorique, au moins 2 000 ans avant J.-C., le pavot produit non seulement des graines dont on extrait de l’huile, dont on saupoudre pains et pâtisseries, mais la plante se plaçait déjà au premier rang de la pharmacopée antique. Homère, dans son Odyssée, parle de l’opium en faisant allusion à un breuvage apaisant. Tout au long des siècles ce suc extrait des capsules du pavot somnifère (Papaver somniferum), surtout de la variété blanche, fut très utilisé ; au début des années 1800 fut découverte la morphine, principal alcaloïde de l’opium, utilisé pour son puissant effet antalgique (antidouleur). Fortement toxique, la plante développe une capsule que l’on incise et d’où s’écoule le latex ; 20 000 de ces fruits sont nécessaires pour produire un kilo d’opium, ce qui nécessite entre 200 et 300 heures de travail.

  • Peu connue il y a quelque temps, cette espèce de cerise se retrouve sur presque toutes les grandes tables aujourd’hui, elle est devenue " in ", comme disent certains, à la mode en bon français. Mais ce n’est ni une cerise ni une groseille, il s’agit du coqueret du Pérou (Physalis peruviana), arbrisseau persistant haut d’un bon mètre qui, comme son nom l’indique, nous vient du Pérou. Ses fruits se mangent frais, on en fait des confitures, des coulis, des crèmes glacées ; ils sont riches en phosphore, en vitamine A, et renferment beaucoup de pectine. La plante a les mêmes exigences culturales que la tomate.

  • Des arbres de 70 à 100 m aux arbustes en passant par les arbrisseaux, le genre Eucalyptus compte environ 500 espèces, originaires presque exclusivement d’Australie et de Tasmanie. Une de leurs caractéristiques : une croissance rapide, jusqu’à quatre mètres par an en conditions optimales pour certaines espèces ; d’autres, bien acclimatées dans les régions tempérées de l’Europe, sont largement utilisées dans l’ornemental, en feuillage coupé, en brise-vent, pour le bois, la pâte à papier, en pharmacie (essence de l’eucalyptus globuleux, Eucalyptus globulus), huiles essentielles en parfumerie, tannins provenant des écorces...

  • Dans sa région d’origine, l’Abyssinie, hauts plateaux d’Éthiopie, le caféier (Coffea) croît toujours dans la forêt à l’état sauvage, fournissant des graines aromatiques avec lesquelles on prépare le " petit noir ", appellation familière du café noir en français ; une tasse de celui-ci contient à peu près 100 milligrammes de caféine, le double d’une tasse de thé noir ; ce sont les jeunes feuilles terminales du théier (Camellia sinensis), qui nous fournissent ce délicieux breuvage.

  • Parmi les nombreux végétaux que nous appelons cèdres (Cedrus), le cèdre de Californie a été qualifié par les botanistes de " beau cèdre ", traduction littérale du grec pour Calocedrus. Le genre comprend trois espèces, dont l’espèce decurrens est la plus cultivée. Très ornemental, le bois de cet arbre de 30 à 50 m, au port colonnaire, est utilisé en Californie pour la fabrication de crayons ; son fruit, un épi conique, est appelé strobile.

  • Peu connu et donc pas plus utilisé, le sorbier noir (Aronia melanocarpa) mériterait un peu plus d’attention ; ses baies bleu foncé, appelées aussi gueules noires, mûres en septembre, contiennent de bonnes doses de vitamines et d’éléments minéraux ; elles donnent d’excellentes confitures, des compotes et du jus de fruit ou sirop.

  • Combien de plantes donnent de l’huile ? en voilà une bonne question ! Des centaines sinon des milliers de végétaux différents doivent fournir, en plus ou moins grande quantité, ce précieux produit, dont l’utilisation est, elle aussi, extrêmement variée. Les plantes oléagineuses fournissent près de la moitié des matières grasses utilisées dans le monde ; citons quelques-unes parmi les plus cultivées : colza i(Brassica napus), /ilin i(Linum usitassimum), /itournesol i(Helianthus annuus), /iolivier i(Olea europaea), /isésame i(Sesamum indicum), /ihuile de palme ou palmiste i(Elaeis guineensis), /icoton i(Gossypium), /iarachide i(Arachis hypogaea),/i coprah i(Cocos nucifera),/i ricin i(Ricinus communis), /isoja i(Glycine max), /imaïs i(Zea mays)/i.

  • Au Moyen Age, le romarin (Rosmarinus officinalis) était une herbe sainte qui devait éloigner les mauvais esprits des foyers ; aussi suspendait-on quelques brins dans la maison. Chez les Anciens, il symbolisait l’amour, le mariage et la mort. Aujourd’hui, plus prosaïquement, on l’utilise comme plante aromatique, mais le charme de son nom demeure, puisque rosmarinus, en latin, signifie rosée de mer.

  • Les plantes envahissantes posent de plus en plus problème en diverses régions ; parmi elles, citons le séneçon du Cap (Senecio inaequidens) et le séneçon jacobée (S. jacobaea) ; le premier est originaire d’Afrique du Sud et colonise de grandes surfaces au détriment de la flore locale ; le second, bien que d’origine européenne, d’Asie du sud et d’Afrique du Nord, se fait plus envahissant ces dernières années ; les deux sont toxiques pour les animaux de ferme, le dernier entraînant la mort chez les chevaux, les bovins, les moutons, les chèvres et les porcs en cas d’ingestion, aussi bien en frais qu’en sec.

  • Plus de trois mille ans avant J.-C., les Égyptiens cultivaient déjà des lentilles (Lens culinaris), mais en Europe centrale, elles devaient être connues dès la préhistoire ; légume sec très nourrissant, ses graines sont consommées par l’homme, la plante en vert comme fourrage par les animaux ; blondes, rouges, vertes, il existe plusieurs variétés, accommodées de différentes façons ; dans le langage plutôt vert, argotique, les éplucheuses de lentilles sont des lesbiennes.

  • Allergie, un des maux de l’époque actuelle, et qui ne semble pas en voie de disparition ; c’est plutôt le contraire qui se produit, on découvre de plus en plus de plantes responsables de ce fléau ; dans cette vallée de doléances, voilà que pointe un espoir : une primevère obconique (Primula obconica) apparaît sur le marché, débarrassée de ce principe toxique qui provoque chez certaines personnes d’assez graves irritations de la peau ; c’est à un obtenteur allemand, promoteur d’une série appelée " Touch-Me " (touche-moi), que nous devons cette variété exempte du poison vasculaire spécifique à quelques espèces de primevères ; c’est après de longues expériences, de recherches et de sélection que cette firme a réussi cette prouesse ; un espoir pour l’avenir concernant d’autres plantes allergisantes ?

  • L’absence de fleurs et de graines sur ces plantes ne les a pas empêchées, du moins certains genres, de survivre jusqu’à nos jours ; il y a 300 millions d’années, les fougères formaient d’énormes forêts ; c’était l’époque des plantes à spores ; 230 millions d’années plus tard apparaissaient les plantes à fleurs ; on estime actuellement à 10 000 les espèces de fougères que l’on peut rencontrer sur notre globe, réparties en une quarantaine de familles ; on en cultive plusieurs genres, notamment Dryopteris, Asplenium, Dicksonia, Adiantum, Athyrium, Matteuccia, Osmunda, Thelypteris et bien d’autres encore.

  • Huit cents ou mille espèces dans le genre ? les avis divergent ; toujours est-il que les rhododendrons (Rhododendron) nous enchantent par leur magnifique floraison ; et c’est dans ce genre que nous retrouvons aujourd’hui les azalées, arbustes bien connus dans les parcs et les jardins au printemps, ou en pots à partir de la mauvaise saison jusqu’au réveil de la nature ; mais connaissez-vous l’azalée en fleur coupée ? probablement pas, c’est assez nouveau, puisque les premiers résultats d’essai ont été présentés en 2003 ; concluants, paraît-il, de sorte que vous allez les trouver dorénavant en bouquets ou en arrangements chez votre fleuriste, certes en quantité restreinte ; elles ont pour atouts une longue conservation en vase, des couleurs attractives, des tiges relativement longues, et, ce qui ne gâte rien, elles dégagent une suave senteur.

  • D’où vient-il donc, ce beau et délicieux fruit d’hiver que nous appelons clémentine ? Les uns prétendent qu’on le doit au révérend père Clément, religieux et agronome, directeur des cultures à l’orphelinat d’Oran (Algérie), qui l’aurait obtenu au début des années 1900 en hybridant un mandarinier (Citrus reticulata) avec un bigaradier (Citrus aurantium), d’autres pensent qu’il serait d’origine chinoise, vu sa ressemblance avec la mandarine de Canton ; ne tranchons pas ce différent, contentons-nous de goûter cette merveille, qui allie un goût délicieux au capital santé qu’il représente par son important apport de vitamine C (anti-fatigue et anti-agression), deux clémentines couvrant la moitié de l’apport quotidien recommandé ; calcium, magnésium et fer sont également présents, alors que l’apport calorique du fruit est pratiquement négligeable.

  • Boisson très prisée en Amérique du Sud, le thé de Paraguay est obtenu à partir des feuilles du houx du Paraguay (Ilex paraguariensis) ; arbre de 10 à 15 m, à fleurs blanchâtres et à baies rouges, ses feuilles persistantes et luisantes donnent une infusion excitante avec ses 2,5 % de caféine, plus que le café (Coffea arabica), 1 à 2 %, autant que le thé (Camellia sinensis), 1 à 3 %, ou la kola (Cola nitida), 2 à 2,5 % de caféine ; elle stimule également les fonctions de l’estomac et intensifie les mouvements respiratoires ; les Indiens mastiquaient depuis fort longtemps les feuilles vertes.

  • Herbe sainte, herbe sacrée ou herbe à tous maux, l’herbe à Nicot, de son vrai nom grand tabac (Nicotiana tabacum), ne laisse pas indifférent ; adulé par les uns, honni par les autres, il a connu au cours des cinq derniers siècles les honneurs et la déchéance ; originaire du Mexique et de quelques pays du nord de l’Amérique du Sud, c’est Jean Nicot qui l’introduisit à la cour de France ; mais cinq ans plus tôt, en 1556, le franciscain André Thevet ramena des graines du Brésil, les sema à Angoulême, et baptisa la plante herbe angoumoise ; d’ornementale elle devint bientôt utilitaire, la chique précédant la fumée ; c’est à ce moment que les médecins condamnèrent son usage, l’accusant de nombreux maux et méfaits ; dans certains pays d’Europe des fumeurs incorrigibles se firent décapiter, d’autres mutiler, les plantations arrachées ; mais la mode étant lancée et impossible à endiguer, les autorités établirent l’impôt sur le tabac ; en France nous le devons à Richelieu qui le mit en place en 1629 ; bientôt quatre cents ans que les suceurs de clopes se font entuber pour un petit cylindre !

  • En culture depuis quatre mille ans, la poire, fruit du poirier commun (Pyrus communis), originaire du Proche-Orient, a conquis tous les continents à climat tempéré ; tellement appréciée que l’homme a créé d’innombrables cultivars qui nous régalent et sont utilisés dans diverses préparations ; le genre Pyrus comprend une trentaine d’espèces, arbres ou arbrisseaux, dont certaines sont épineuses ; en dehors du fruitier, on en plante aussi en ornemental, en partie pour leur belle floraison ; des poiriers sauvages se retrouvent couramment en Europe du nord-est ; en langage familier, il vaut mieux n’être pas " bonne poire ", autrement dit naïf, crédule, niais.

  • Les Romains les appréciaient, chez certains Grecs elles servaient de jetons de vote, les fèves (Vicia faba) sont cultivées depuis les temps préhistoriques ; on les rencontre surtout dans les jardins méridionaux, mais de plus en plus dans des régions plus froides.

  • Certaines plantes ont horreur qu’on les déplace quand elles fleurissent ; elles se vengent de ceux qui vont à l’encontre de cette volonté en rejetant leurs fleurs ; alors, attention, choisissez un emplacement définitif dans votre appartement pour le cactus de Noël (Schlumbergera truncata, anciennement Epiphyllum), qui vous gratifie de sa magnificence dans les derniers mois de l’année ; en été, lorsque les fleurs blanches du stéphanotis ou jasmin de Madagascar (Stephanotis floribunda) embaument cette grimpante, pas touche ! ces belles ne sont pas les seules à faire des caprices, autant s’en souvenir.

  • En raison de son bois dur, les Romains appelaient le cornouiller " mâle " (Cornus mas), par opposition au cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), cornouiller femelle, car il possède un bois plus tendre que le premier ; le premier se couvre en février-mars de petites fleurs jaunes du plus bel effet ; en automne les fruits rouges, de la taille d’une olive, se remarquent sur le feuillage vert ; ils sont utilisés pour la confection de gelées, confitures, sirops, compotes ; ils contiennent le double de vitamine C des citrons ; le cornouiller sanguin, quant à lui, fleurit blanc, porte des fruits plus petits noir bleuâtre, se remarque par ses rameaux rouge vif, mais aussi par l’odeur désagréable de son écorce, ce qui lui vaut le surnom de bois puant.

  • Très connue des vacanciers, l’île Maurice, située dans l’océan Indien, est couverte en grande partie par la canne à sucre (Saccharum officinarum) ; ce n’est évidemment pas la seule végétation, les plantes endémiques étant estimées à quelque 150 espèces ; cependant, l’île est bien plus riche aujourd’hui, puisqu’elle abriterait près de 900 espèces spontanées.

  • L’acide ascorbique contenu en très grosse quantité dans les baies de l’argousier (Hippophae rhamnoides) le fait considérer comme le citron du nord ; pas étonnant quand on sait qu’elles renferment jusqu’à dix fois autant de vitamine C que notre agrume des régions méditerranéennes ; on l’utilise en thé, en marmelade ou confiture, en confiserie, en cosmétique, pour épicer les sauces de poisson, et même pour fabriquer de la vodka ; la demande croissante de fruits conduit les producteurs à accroître les rendements et, comme il s’agit de plantes dioïques, il est important que la floraison des arbrisseaux mâles et femelles se produise simultanément ; on a donc développé quatre cultivars mâles adaptés à quatre cultivars femelles, un " mari " pour dix " épouses " suffit, le tout est de le positionner au mieux par rapport aux vents dominants ; autre intérêt de l’argousier : il fixe bien les dunes et les terrains instables ; à signaler aussi la grande ressemblance avec le chalef (Elaeagnus angustifolia) avec lequel il est très souvent confondu ; les fleurs de celui-ci sont utilisées pour fabriquer des liqueurs, les fruits sont consommés en Orient.

  • Indispensables dans la choucroute, utilisées pour assaisonner certains gibiers, les baies de genièvre, d’un noir bleuâtre à maturité, fruits du genévrier commun (Juniperus communis) se retrouvent également, après distillation, dans le gin ; macérées, elles donnent l’eau de vie de genièvre. En médecine, le genévrier est un auxiliaire précieux dans de nombreuses affections. Le genévrier oxycèdre ou cade (Juniperus oxycedrus), aux fruits rouges ou rouge-brun, des régions méditerranéennes, fournit l’huile de cade, employée en dermatologie et dans la médecine vétérinaire ; des crayons sont fabriqués avec le bois du genévrier de Virginie (Juniperus virginiana), alors que bien des espèces donnent de l’encens.

  • Le commerce de produits horticoles en Europe est nettement dominé par les marchés de gros néerlandais qui irriguent nos pays de plantes et de fleurs ; selon eux, les plantes d’appartement les plus vendues en 2003 sont, dans l’ordre : Phalaenopsis (orchidée), Dracaena, Kalanchoe, Anthurium, Ficus ; pour les plantes de jardin et de balcon on trouve : Pelargonium (géranium), Viola (pensées et violette cornue), Buxus (buis), Petunia, Osteospermum, Fuchsia ; quant au rayon des fleurs coupées, la rose (Rosa) caracole largement en tête, suivie de loin par les chrysanthèmes spider (Chrysanthemum), tulipes (Tulipa), lis (Lilium), Gerbera, Cymbidium (orchidée), Freesia, Anthurium.

  • Pas vraiment grimpantes, certaines espèces de népenthès (Nepenthes) peuvent cependant monter jusqu’à une vingtaine de mètres dans les arbres hôtes, se comportant comme des lianes ; mais là ne réside pas vraiment leur spécificité, plutôt dans leur faculté à se nourrir d’insectes ; ce sont des plantes carnivores produisant un nectar, et qui attirent leurs proies dans l’urne remplie au tiers d’eau où elles sont noyées et digérées par des enzymes et des bactéries ; la plante nécessite une forte humidité et une température ne descendant pas au-dessous de 21 °C.

  • A combien de plantes de par le monde accorde-t-on des propriétés aphrodisiaques ? certainement des centaines ! mais les résultats positifs sont loin d’être établis. Par contre, rares sont celles qui passent pour avoir des propriétés contraires ; l’une d’elles, le gattilier (Vitex agnus-castus), fut à un moment considérée comme anti-aphrodisiaque ; évidemment, quand on s’appelle " agneau chaste " ! D’autant plus que dans la mythologie grecque on l’utilisait de curieuse manière, jugez-en : lors de fêtes consacrées à Déméter, " Mère des blés " (assimilée à la déesse romaine des Moissons, Cérès), les femmes s’allongèrent sur une litière garnie de gattiliers pour affirmer la pureté de leurs mœurs. Bien jolie coutume, aujourd’hui difficilement envisageable...

  • Dans les fameux jardins de Babylone, une des Sept Merveilles du monde, on cultivait des roses (Rosa) 1 600 av. J.-C. ; mais auparavant déjà, 2 600 av. J.-C., les Sumériens habitant la Mésopotamie en garnissaient leurs appartements ; en Égypte on a découvert, dans le tombeau d’un pharaon datant de 250 av. J.-C., des pétales de rose en guirlande associées à d’autres fleurs ; la première image en Europe de la reine des fleurs semble dater de 1 500 av. J.-C., elle se trouvait sur un mur d’un palais en Crète, et serait une Rosa gallica ; quelques siècles auparavant déjà, les Perses produisaient de l’eau de rose avec Rosa × damascena, la rose de Damas ; longue histoire donc, pour notre favorite d’aujourd’hui, la plus vendue des fleurs coupées ; depuis l’apparition des premières roses sauvages, vingt millions d’années se seraient écoulées !

  • Peu connu en Europe il y quelques décennies, le litchi (Litchi chinensis) se retrouve aujourd’hui sur bien des étals ; ce savoureux fruit, poussant sur un arbre persistant atteignant jusqu’à 30 m, originaire du sud de la Chine où il est cultivé depuis plus de 4 000 ans, trouve bien des utilisations : en frais, sec, en conserve, il sert à préparer des salades de fruits, des sorbets, des crèmes glacées, même des vins ; côté santé, on le dit riche en vitamines, il soigne toux et maux d’estomac.

  • Parmi les nombreuses plantes utilisées pour la fabrication de papier, l’alfa (Stipa tenacissima) n’est pas la dernière ; en effet, de grandes quantités de cette herbe vivace, d’environ un mètre de haut, provenant d’Afrique du Nord, d’Espagne ou d’autres pays, sont transformées en support d’impression ; en outre, on l’emploie aussi pour la confection de cordes, tapis, semelles d’espadrilles ou tissus grossiers.

  • Les saints de la chrétienté ont souvent inspiré les anciens dans l’attribution de noms vernaculaires aux plantes ; la Sainte Vierge se retrouve évidemment en première ligne : bamboche de la Sainte Vierge (Cypripedium calceolus), fleur de la Sainte Vierge (Galium odoratum), herbe de Sainte Marie (Tanacetum vulgare), herbe à la (de la) Sainte Vierge (Stellaria holostea), larmes de Sainte Marie (Dactylorhiza maculata), lis de la Sainte Vierge (Hedychium coronarium), manteau de Sainte Marie ou manteau de la Sainte Vierge (Arum maculatum) ; en voilà quelques exemples évidents, non ?

  • C’est dans la zone tropicale que l’on rencontre la mangrove, formation végétale des régions littorales où certains arbres et arbustes se soutiennent dans la vase par des racines en forme d’échasses ; si leur aspect est le même d’un océan à l’autre (Atlantique, Pacifique, Indien), les plantes peuvent varier ; le palétuvier en est un des plus connus, mais ce nom s’applique à plusieurs genres : Rhizophora, Conocarpus, Pterocarpus, Avicennia, Laguncularia, par exemple ; d’autre part, le nom de mangrove a été attribué à plusieurs espèces de plantes croissant dans la mangrove, généralement en nom composé : en anglais on appelle mangrove tree (arbre de la mangrove) le genre Avicennia, alors qu’en allemand le Mangrovebaum s’applique au genre Rhizophora ; on connaît aussi mangrove annona (Annona glabra), mangrove date palm (Phoenix paludosa), mangrove mallow (Pavonia spicata) ou encore Mangrovenfarn (Acrostichum), pour n’en citer que quelques uns ; mangle et manglier désignent également des plantes croissant dans la mangrove.

  • Afin de rendre attentif à la protection et la conservation de la flore alpine, la Fondation Nature et Plantes, en Allemagne, a décrété la soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) plante de l’année 2004 ; croissant entre 600 et 3 000 mètres d’altitude dans les Alpes, les Pyrénées, les Carpates et le Jura, cette vivace aux fleurs bleu-violet atteint 15 à 18 cm et fleurit en mai-juin ; elle fait partie des espèces protégées.

  • Rarement immobile, pratiquement toujours en mouvement, le peuplier tremble (Populus tremula) mérite bien son nom, et plutôt deux fois qu’une ! son nom populus vient du grec papallein, signifiant s’agiter, alors que tremula ou tremulus vient du latin tremere, trembler en bon français.

  • Ne confondons pas ! " aller au persil " pour certaines demoiselles, ce n’est pas direction jardin, c’est plutôt côté rue… ; chacun son occupation, mais semer du persil (Petroselinum crispum) n’est pas toujours facile, puisqu’il rencontrerait sept fois le diable avant de lever. Par contre, une fois établi, de quels apports il nous gratifie : surtout vitamine C, également A, B9 et E, manganèse, carotène, fer, calcium, quant à ses utilisations pharmaceutiques, elles sont assez nombreuses ; il paraît qu’il ferait même disparaître les taches de rousseur ; il calme la douleur des piqûres d’insectes ; moutons et lapins en raffolent, il stimule leur libido. Et les hommes ? paraît que oui ; mais de là à aller au persil… et puis dans la symbolique des plantes il personnifie la réjouissance ; en définitive, quel plaisir !

  • Se faire changer en plante, quel bonheur et quel gage de longévité pour un bipède. Dans les différentes mythologies, nous trouvons plusieurs exemples d’une telle métamorphose, certaines volontaires, d’autres beaucoup moins. L’un des personnages les plus ravis de l’aubaine, ça doit être Narcisse. Pensez donc, amoureux de sa personne, épris de sa propre beauté, peut-on espérer mieux pour passer à l’immortalité que de se transformer en belle fleur, éclose dès les premiers jours du renouveau de la nature, et que l’on appellera narcisse ou jonquille, Narcissus en latin. Avec plus de quatre-vingts espèces dans le genre et d’innombrables cultivars, il est difficile de ne pas le trouver dans un parterre printanier ; il a cependant un petit inconvénient : il est toxique, notamment le bulbe, même l’eau du vase dans lequel il a trempé, égayant votre salon. Mais viendrait-il à l’idée de quelqu’un d’utiliser cette eau comme breuvage ? faut pas exagérer !

  • Lorsque vous entendez parler de nymphes, à quoi pensez-vous immédiatement ? A divines créatures et à l’eau ? Vous n’avez pas tort ! Dans la Grèce antique, elles personnifiaient la fécondité de la nature, les forêts, les montagnes, les lieux sauvages ; chez les Romains, c’étaient les déesses salutaires des sources thermales. Mais ces génies populaires n’étaient pas anodins, plutôt dangereuses à approcher, car elles frappaient de folie le mortel qui croyait en leur humanité. N’empêche, les plantes que les botanistes ont assimilées aux nymphéacées nous fascinent par leurs magnifiques fleurs flottant généralement sur l’onde. Sur les six genres de la famille, cinq sont bien connus et appréciés : Euryale, Nuphar, Nymphaea, Najas et Victoria ; des plantes indispensables dans un jardin d’eau.

  • Parmi les salades sauvages, la campanule raiponce (Campanula rapunculus) trouve tout naturellement sa place ; elle est consommée d’automne au printemps, jeunes pousses et parties souterraines ; mais ce sont surtout les cochons qui se sont régalés avec sa racine ; une autre espèce est également dégustée en salade, la campanule gantelée (C. trachelium) ; l’espèce à feuilles rondes (C. rotundifolia) servait jadis à la fabrication d’encre bleue.

  • Des fraises sur un arbre ? vous n’y pensez pas, ma bonne dame ! Eh bien si, l’arbre à fraises ou arbousier (Arbutus unedo) se rencontre assez facilement, portant en automne des fleurs blanches simultanément aux fruits verts, orange puis rouges à maturité. Ces fraises, il est vrai, n’ont que peu de saveur, elles servent quand même à fabriquer confiture et gelée, préparer du vin, de l’eau-de-vie et de la liqueur appelée crème d’arbouse ; beaux arbustes ou petits arbres à feuillage persistant des régions méditerranéennes, ils sont de plus en plus utilisés en ornement, grâce aussi en partie à leurs troncs et leurs tiges rouges, notamment l’arbousier de Chypre (Arbutus andrachne) ; malheureusement leur résistance au froid ne les destine pas à toutes les régions.

  • Les symboles de la fécondité ne manquent pas dans le royaume des plantes ; l’une d’elles, la noisette (Corylus), qui existait déjà il y a quelque 7 000 ans, comme le démontrent des restes de coques trouvées dans des vestiges de l’âge de la pierre, fut le symbole de l’amour entre époux et de la fécondité dédié à Donar, dieu de la mythologie germanique.

  • Sur les 361 espèces que compte le genre Gentiana, une petite plante à fleurs bleues dénommée gentiane croisette (Gentiana cruciata) a vraiment le vent en poupe ; pour des décorations d’intérieur aussi bien que d’extérieur, elle fait fureur ; pas étonnant quand on voit les nouvelles obtentions, elles ont réellement un gros pouvoir de séduction ; cependant, un horticulteur allemand est en train de bousculer quelque peu nos habitudes, venant de mettre au marché non seulement une magnifique plante aux fleurs bleues, couleur somme toute classique, mais aussi une blanche ; ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin, il teste actuellement (début 2004) deux variétés, l’une à fleurs rouges, l’autre de teinte bleu clair ! affaire à suivre, curiosité éveillée...

  • Pauvre cornichon, tu n’es qu’un concombre (Cucumis sativus) ! effectivement, ils sont vraiment frères, ces deux-là, provenant de la même espèce, ils ne se distinguent l’un de l’autre que par les variétés ; et leur origine ? les uns affirment qu’ils viennent d’Inde, où on les connaît depuis trois mille ans, d’autres prétendent que les Chinois les utilisaient deux mille ans plus tôt ; ambigu tout cela, ce qui n’empêche d’ailleurs pas que les deux nous régalent de leurs fruits savoureux , comme condiment pour le premier, en salade ou cuit (en potage) pour le second ; ils figurent parmi les légumes les plus cultivés au monde ; en cosmétique, le concombre trouve bien des applications, il est surtout apprécié pour son action adoucissante sur la peau ; pauvre en éléments nutritifs, il est riche en eau et en vitamines A et C ; jadis souvent amères, les variétés actuelles sont pratiquement dépourvues d’amertume, à condition de pousser dans des conditions favorables : chaleur et bonne humidité.

  • De consoude à consolider, il n’y a qu’un pas, c’est évident et, effectivement, la grande consoude (Symphytum officinale) a été appelée ainsi grâce à sa faculté à consolider les fractures, à fermer les plaies, à arrêter les hémorragies ; dès l’Antiquité, cette plante des lieux humides, aux clochettes allongées, blanches, souvent teintées de rose, de pourpre ou de jaune, a connu de nombreux emplois en médecine ; en cuisine aussi, elle se consomme cuite en soupe ou en légume.

  • Quand fleurit le printemps dans nos jardins et nos parcs, la tulipe (Tulipa) n’est généralement pas loin ; c’est, en effet, une de nos préférées à cette époque de l’année ; cette plante bulbeuse nous vient de la Méditerranée, de l'Asie centrale, et aussi de l’Europe tempérée ; peu de fleurs ont connu un engouement aussi insensé que celle-ci : une frénésie spéculative s’était emparée des Hollandais au milieu du XVIIe siècle, où certains bulbes se vendirent à des sommes tellement folles que le gouvernement a dû mettre fin à ces pratiques ; le genre comporte une centaine d’espèces, et si les variétés horticoles dépassent aujourd’hui largement les 4 000, rassurez-vous, toutes ne sont plus commercialisées, une centaine à peine se retrouve sur les étals ; de quoi garnir généreusement vos plates-bandes.

  • Nombreux sont les fruits donnant confiture ou gelée une fois cuits ; certains sont bien connus, d’autres moins, sauf parfois dans une région ; il en va ainsi du goumi du Japon (Elaeagnus multiflora), arbrisseau ou petit arbuste originaire de Chine et du Japon, introduit en Europe en 1862 ; après la floraison en avril-mai apparaissent des fruits ovoïdes à oblongs ressemblant à des cerises, orange à maturité, acides mais procurant une agréable gelée.

  • L’arbre à cacahuètes, vous connaissez ? en voilà une blague qui marche ! bien des personnes, en effet, sont prêtes à croire que les arachides (Arachis hypogaea) poussent sur des arbres ; et puis, pourquoi pas ? mais quand on parle de noix ou pistache de terre, des doutes apparaissent, on se pose des questions ; et la réponse devient évidente : la cacahuète croît sous terre ; cette plante annuelle, originaire d’Amérique du Sud, haute de 40-50 cm, recourbe ses pédoncules floraux après fécondation et enterre les fleurs qui deviennent fruits ; utilisés pour la production d’huile de cuisine et en savonnerie, on en fait aussi du beurre ; comme friandises, les cacahuètes sont consommées crues, grillées, rôties ou salées ; leur taux de protéines est élevé.

  • En buvant un apéritif, vous avez de grandes chances qu’il contienne une petite partie de suc de la racine de la gentiane jaune (Gentiana lutea) ; celle-ci entre, en effet, dans la plupart des liqueurs ou eaux-de-vie ; son énorme racine, à odeur forte et saveur amère, récoltée dans les montagnes, est apéritive, stimulante, tonique et fébrifuge ; mais attention lors de la récolte à ne pas confondre avec le vératre blanc (Veratrum album), plante toxique croissant dans les mêmes terrains ; cependant, s’il existe une similitude entre les deux, le dernier porte des panicules verdâtres, des feuilles alternes et pubescentes, alors que sur la première les feuilles sont opposées, glabres, et les fleurs en verticilles jaune d’or.

  • Parmi les plus populaires de nos fleurs figure en bonne place le dahlia, en latin Dahlia, plante à tubercule d’origine mexicaine où elle servait à l’époque de la découverte de l’Amérique de plante alimentaire, les souches pour les humains, le feuillage au bétail ; mais ce que nous connaissons aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec le végétal d’origine, les sélectionneurs et créateurs en ont fait une plante horticole de premier plan, l’une plus belle que l’autre ; parmi les milliers de variétés ou cultivars, le choix est vaste ; l’image du dahlia fut un peu dévoyée au 19ème siècle, mais c’était confidentiel, des lesbiennes se faisant tatouer la fleur sur un sein en signe de reconnaissance de leur "corporation".

  • Arbre le plus élevé d’Europe, pouvant atteindre 65 mètres en hauteur et deux mètres de diamètre pour le tronc, la sapin pectiné (Abies alba) peut vivre jusqu’à 600 ans ; il porte des cônes cylindriques dressés, jusqu’à 16 cm, d’abord verts puis bruns ; son bois, tendre et léger, sert en papeterie, menuiserie et charpente ; les abeilles en tirent un miel succulent ; notre géant a été élu en Allemagne arbre de l’année 2004.

  • Dans le royaume des fleurs, la reine-marguerite (Callistephus chinensis) n’est pas la dernière, ni en beaux coloris, ni en gracieuses formes, ni en différentes tailles ; vous l’avez rencontrée, bien sûr ; et si l’on vous disait d’aller vous baigner dans la marguerite ? vous prendriez votre interlocuteur pour un fada ! vous auriez tort : il vous suffit d’aller en Éthiopie, le lac de la Reine-Marguerite ou lac Marguerite ou Pagadé vous y attend, ou encore dans l’Antarctique, dans la baie Marguerite, mais là brrr ; bon, d’accord, dans les deux cas on ne fait certainement pas référence à notre charmant aster de Chine.

  • Contrairement à ce que l’on pourrait penser, dieux, nymphes et autres personnages de la mythologie avaient aussi leurs petits problèmes de cœur. Voilà que Pan, dieu des champs, des bergers et des bois, courtisait la nymphe Pitys ; mais celle-ci était également convoitée par Borée, personnification du vent du Nord (d’où boréal), qui, la voyant lui échapper, la précipite du haut d’une falaise. Pan la métamorphose en pin (ou en sapin, allez savoir exactement) et c’est ainsi qu’à chaque souffle de Borée, elle laisse couler des larmes de résine.

  • Étranges plantes grasses, de la forme d’un arbre, recouverts d’innombrables épines, les halfmens ("demi-hommes"), en botanique Pachypodium namaquanum, sont tous tournés vers le nord, vers le soleil, dans le Namaqualand, leur pays d’origine; n’oublions pas que cette contrée se situe du côté de l’Afrique du Sud ; une légende locale prétend qu’il s’agit d’anciens guerriers Khoikhoi ; chassés vers le sud, ils se sont retournés vers leur pays natal et se sont retrouvés métamorphosés en arbres ; une nouvelle version de Sodome et Gomorrhe de la Bible, en somme.

  • En Europe, les peupliers (Populus) passent pour les champions de la croissance : jusqu’à deux mètres par an en conditions optimales ; originaires des régions tempérées de l’hémisphère nord, les quelque 35 espèces que compte le genre n’ont évidemment pas toutes la même vigueur ; citons trois cracks : le peuplier grisard ou hybride euraméricain (Populus x canadensis), un autre hybride (Populus x generosa) et le peuplier baumier (Populus trichocarpa).

  • En ces temps-là, où tout était possible, Océanos, personnification de l’eau dans la mythologie grecque, avait une fille prénommée Philyra ou Philura ; celle-ci fut aimée de Cronos (Saturne pour les Romains), mais n’en voulant pas, elle se changea en jument pour lui échapper ; l’autre, ni une ni deux, se transforma en étalon et lui fit violence. Rhéa, la compagne du suborneur, jalouse, transforma la pauvrette en tilleul, en grec philura, en botanique Tilia.

  • Bientôt le printemps, la preuve : l’apparition des crocus (Crocus) ; ils figurent parmi les premières floraisons du début de l’année ; mais sont-ils tous là, ceux que vous avez mis en terre en automne ? peut-être pas ! où sont-ils passés ? dans l’estomac de rongeurs qui en sont friands ; pour éviter ce désagrément, mettez quelques perce-neige (Galanthus nivalis) dans votre plate-bande ; souris et compagnie en ont horreur, et tout en apportant un plus à votre décor, vous sauvegardez ainsi vos crocus.

  • Boire ou conduire ! au moins les Anciens ne connaissaient pas ce dilemme ; ils pouvaient s’adonner sans arrière-pensée aux bacchanales, ces fêtes de la débauche et de l’orgie célébrées en l’honneur de Bacchus chez les Romains, Dionysos chez les Grecs ; gens peu fréquentables, direz-vous ; à voir, même s’il est vrai qu’ils étaient dieu du Vin et du Délire mystique pour le premier, dieu du Vin et de l’Ivresse pour le second, en tant qu’ami des plantes souvenons-nous qu’ils " vivaient " en parfaite harmonie avec le monde végétal, leurs attributs étant la vigne (Vitis vinifera), le lierre (Hedera helix), la férule (Ferula), et que Dionysos tenait à la main son bâton, le thyrse, entouré de feuilles de lierre ou de vigne, surmonté d’une pomme de pin (Pinus) ; tout cela plaide en leur faveur, non ?

  • Céréales et légumineuses fournissent des farines qui jouent un grand rôle dans l’alimentation de l’homme et des animaux, surtout par leurs propriétés nutritives très importantes ; on y trouve des glucides, des protides, des lipides, des substances minérales, des enzymes et des vitamines en quantité appréciable.

  • La médecine chinoise utilise non seulement un grand nombre de plantes, mais aussi des champignons ; en voici un que nous devrions particulièrement retenir : le fameux " champignon d’immortalité " (Ganoderma lucidum), de plus en plus cultivé en Chine pour ses propriétés toniques et reconstituantes.

  • Belle soirée d’été ; quel plaisir de savourer le calme autour d’une bonne table, mais quelle plaie ces moustiques qui ne cessent de nous importuner ! pourtant, un moyen simple pour les éloigner : l’odeur, celle de certaines plantes à odeur de citronnelle ; il en existe plusieurs, dont voici quelques unes à planter près de vos fenêtres ou sur votre terrasse : divers géraniums ou pélargoniums odorants (Pelargonium), la citronnelle (Cymbopogon citratus), la citronnelle aurone (Artemisia abrotanum), la mélisse officinale (Melissa officinalis) et la verveine odorante ou verveine citronnelle (Aloysia triphylla).

  • Pour un titan, c’est bien un titan ! rendez vous compte : une inflorescence de près de trois mètres de haut, une feuille qui en fait autant, un tubercule d’une vingtaine de kilos, oui, l’arum titan (Amorphophallus titanum) est bien titanesque ; cette énorme fleur, rare aujourd’hui, même dans son pays d’origine, Sumatra, est bien la reine en taille, mais hélas, pas en fragrance ; non, elle ne sent vraiment pas la rose, pouah !

  • Pas faciles parfois, nos noms de plantes, surtout en latin ; cependant il faut veiller à respecter leur orthographe et à ne pas écrire n’importe quoi, n’importe comment ; il est désolant de rencontrer des " dalhia " au lieu de dahlia (une des erreurs les plus fréquentes), des " sparagus " quand il s’agit d’Asparagus, d’"artichaux " à la place d’artichauts etc. ; et les noms d’espèces ? dans bien des catalogues qui se veulent " professionnels ", ces noms sont écrits avec une initiale majuscule ; ça " fait mieux ", peut-être, mais c’est faux ! d’accord, dans le temps on écrivait les noms d’espèces se rapportant à des personnes, des lieux géographiques comme des pays ou des villes avec une majuscule, mais il y longtemps que l’on a abandonné ce système compliqué ; autre sujet d’erreur, le péché par omission : sur un marché je vois une étiquette " jasmin ", en latin Jasminum, mais la plante, vue de près, était un jasmin du Cap, donc un Gardenia augusta ; pas sérieux tout cela !

  • Bien des plantes sont aujourd’hui traitées aux nanifiants (produits inhibant la croissance) pendant leur culture, ce qui donne des ports plus trapus et plus fournis ; seulement voilà, chez vous, le produit n’agissant plus, vos plantes reprennent leur port normal en rallongeant leurs entre-nœuds ; heureusement d’ailleurs, surtout pour les grimpantes et les pendantes.

  • Chevaucher l’arc-en-ciel ? Iris, la messagère des dieux dans la mythologie grecque, savait le faire lorsqu’elle devait porter un message aux humains ; si elle symbolise aujourd’hui les bonnes nouvelles dans le langage des fleurs, elle n’en conduisait pas moins, jadis, les âmes aux Enfers ; le genre iris, en latin Iris, comprend environ 225 espèces et probablement des milliers de cultivars de plantes bulbeuses ou rhizomateuses que tout le monde connaît et apprécie.

  • Le muguet (Convallaria majalis), également appelé amourette, représente le bonheur, l’amour, l’innocence, la pureté, et symbolise parfaitement le mariage ; cependant, la plante entière est très toxique : à manipuler avec précaution ; elle est utilisée en pharmacie pour ses propriétés cardiotoniques ; la Finlande en a fait son emblème, les immenses forêts abritant de vastes étendues couvertes de ces merveilleuses clochettes ; il serait très vieux, si l’on en croit la légende qui prétend qu’à la création du monde il ornait la porte du paradis et tintait chaque fois qu’un brave humain franchissait le seuil ; Apollon l’aurait créé pour tapisser le sol du mont Parnasse afin d’offrir un tapis digne des pieds délicats de ses neuf muses qui y vivaient ; autre signification du terme muguet : jeune élégant parfumé d’essence de muguet ; on disait de lui, à l’époque, qu’il muguette, du verbe mugueter, qui voulait dire courtiser, faire le galant, aujourd’hui plutôt traduit par l’adjectif draguer ; le langage évolue...

  • Et si vous faisiez pousser du jambon dans votre jardin ? Rassurez-vous, je ne vous prends pas pour des débiles, le jambon des jardiniers existe bel et bien, mieux connu sous le nom d’onagre bisannuelle (Oenothera biennis) ; sa racine est tellement nutritive que l’on prétendait jadis qu’une livre donne autant de force qu’un quintal de bœuf… elle s’accommode comme les salsifis ou cuite en salade.

  • Glace à la vanille : qui ne connaît pas l’agréable goût de ce fruit du vanillier (Vanilla planifolia) en forme de gousse ; de la vaste famille des orchidacées, le genre comprend un peu plus d’une centaine d’espèces. Parmi toutes les orchidées, le vanillier serait la seule plante utile, toutes les autres étant exclusivement ornementales ; son nom provient de l’espagnol vanilla signifiant gousse. On en tire une huile aromatique appelée vanilline. Les Indiens d'Amérique tropicale l'utilisaient pour parfumer leur chocolat.

  • La châtaigne, fruit du châtaignier (Castanea sativa), fut dans bien des régions un des aliments de base. Sur le plan santé, elle a beaucoup d’atouts, puisqu’elle renferme éléments minéraux, protides et amidon, pratiquement les constituants des légumes secs, plus des protéines, des vitamines C, E et du groupe B ; sa teneur en fibres est élevée. Les feuilles sont astringentes, calment les toux et les rhumatismes. Mais il vaut quand même mieux éviter de ramasser des châtaignes ou des marrons sur la tronche, dans le sens argotique ou familier, un gnon, un jeton, une mandale, une torgnole, une taloche, ou même une pêche, cela fait généralement plutôt mal.

  • Cultivé dès les V et IVèmes siècles avant J.-C., la nigelle ou cumin noir (Nigella sativa) sert aussi bien en cuisine comme condimentaire, son odeur forte rappelant celle du citron, qu’en plante médicinale aux divers emplois : contre les fièvres, les maux de tête, les refroidissements et même contre l’impuissance sexuelle et les maladies des femmes ; en boulangerie et en pâtisserie on trouve des graines sur les pains, parfois mêlés à des grains de sésame (Sesamum), surtout dans les pays d’Europe méridionale.

  • Petits pavés de bois de couleur rougeâtre que nous posons dans nos armoires afin d’en éloigner mites et autres insectes, les propriétés du cèdre étaient déjà connues des pharaons qui l’utilisaient pour protéger leurs papyrus ; une espèce, Cedrus libani, grand arbre majestueux originaire du Liban, de Syrie et de Turquie, figure en emblème national dans le drapeau du… Liban, évidemment !

  • Dieux et déesses des diverses mythologies, si l’on en croit la légende, nous ont légué bien des plantes, souvent très belles ; ce n’est pas le cas de Mercure, convenez-en : le dieu romain du Commerce et des Voleurs, messager des dieux, nous gratifie d’une mauvaise herbe, la mercuriale (Mercurialis), un peu vénéneuse en plus ; consolez-vous, elle a tout de même quelque utilité, on en extrait une teinture bleue, mais elle est peu durable ; il y avait aussi un Mercure gaulois, dieu des Arts et de l’Industrie, qui possédait deux temples, un sur le puy de Dôme, l’autre sur le Donon.

  • Les légumes, il faut en manger, ils sont bons pour la santé ! quel enfant n’a pas entendu ces bonnes paroles, sensées ; mais quel légume ? il y en a tellement, plus de 2 500 espèces, paraît-il, au point qu’on les a classés en plusieurs catégories, suivant la partie que l’on consomme : les légumes graines (petits pois, haricots, lentilles, fèves…) ; les légumes racines (carottes, radis, navets, salsifis…) ; les légumes feuilles (épinards, choux, salades…) ; les légumes fruits (tomates, courgettes, concombres, poivrons, melons…) ; le choix est vaste, pour tous les goûts ; ne les boudez pas !

  • Issu probablement du cardon sauvage, notre artichaut (Cynara scolymus) n’existe qu’en culture ; mets de luxe à son apparition en France au 16ème siècle, il est aujourd’hui unanimement apprécié pour ses bonnes propriétés, surtout digestives ou curatives des affections du foie, au point qu’en Allemagne on l’a nommé plante médicinale de l’année 2003 ; d’origine arabe, artichaut signifie barbe de terre ; il fut déjà cultivé dans l’Antiquité.

  • Des patates, il y en a de toutes sortes, mais toutes ne sont pas forcément des pommes de terre ; pourtant l’analogie est là et souvent aussi le fait que l’on consomme la racine bulbeuse de la plante ; par exemple la " pomme de terre des Indiens ", la flèche d’eau (Sagittaria sagittifolia) dont aucun nom français ne fait pourtant référence au tubercule consommé ; cuit, il a un goût de petit pois, rissolé celui de la pomme de terre ; utilisée aussi en farine ; en Chine les feuilles sont préparées comme l’épinard.

  • A consommer avec modération, tequila et mescal sont fabriqués au Mexique avec le maguey bleu (Agave salmiana) ; le sucre contenu en abondance dans les tiges est évaporé, donnant le miel de Maguey ; la sève, fermentée, produit le vin dénommé pulque ; les feuilles fournissent une fibre identique au sisal.

  • Tout jardinier soucieux de la santé de ses plantes connaît ces précieux auxiliaires : les tagètes (Tagetes), genre comptant une cinquantaine d’espèces, originaires du Mexique et d’Amérique du Sud ; non seulement elles nous enchantent de leur magnifique floraison, elles font aussi fuir toute une vague d’insectes nuisibles au potager ; c’est leur odeur, que certaines personnes n’apprécient pas trop, qui incommode les indésirables bestioles ; roses d’Inde, œillets d’Inde vous débarrassent de nématodes, pucerons, mouches blanches et autres aleurodes ; et puis, un potager bien fleuri, c’est plus attractif.

  • Savoir adapter sa nourriture aux possibilités de production de sa région (sol/climat), les peuples y étaient bien obligés jadis ; ainsi a-t-on cultivé du sarrasin (Fagopyrum esculentum, synonyme Polygonum fagopyrum) en Bretagne. Plante supportant les sols pauvres, elle nous vient d’Asie centrale et de Sibérie. Quoi que n’étant pas une céréale à proprement parler (celles-ci appartenant généralement à la famille des graminées ou poacées), elle fournit une farine appréciée pour ses principes nutritifs, d’une parfaite digestibilité, servant à la confection de bouillies, de galettes etc. Au Japon, les pâtes au sarrasin sont très estimées. Chevaux, bétail et animaux de basse-cour en font également leur profit. Et pour nous, les bonnes crêpes bretonnes au sarrasin !

  • Contrairement au pistachier vrai, le pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus) ne porte pas de fruit ; cet arbrisseau ou petit arbre a cependant de beaux atouts : il fournit entre autres la térébenthine dite de Chio, île grecque où depuis toujours elle est produite ; ses fruits rouge vif, noirs à maturité, sont amers et aromatiques, comestibles et rafraîchissants ; les oiseaux s’en régalent aussi ; l’écorce est très riche en tanins, la plante est réputée comme vermifuge.

  • Connu depuis l’Antiquité pour ses vertus sédatives et diurétiques, le houblon (Humulus lupulus) donne son goût à la bière ; ce n’est pas nouveau, direz-vous, mais savez-vous que les jeunes pousses peuvent être consommées comme des asperges ? Longtemps les Anglais interdirent le houblon pour la fabrication de la bière, considérant qu’il était nuisible, alors que sur le continent on l’utilisait à cette fin depuis des siècles ; il est vrai qu’à très forte dose, il peut s’avérer toxique.

  • Plus de trois cents espèces sont recensées dans le genre Potentilla, dont le nom vient du latin potens qui signifie puissance, par allusion aux propriétés médicinales de P. tormentilla, très utilisée au Moyen Age comme astringent, tonique excitant, antiscorbutique, entre autres. Plusieurs autres espèces possèdent cependant les mêmes propriétés et pourraient être utilisées pareillement, par exemple T. reptans, la quintefeuille, T. anserina, l'ansérine, pour n'en citer que celles-là.

  • Quel navet ! Pas très flatteur lorsqu’on parle d’une création artistique, mais quel bon légume s’il est bien cuisiné ; en effet, les variétés actuelles, goûteuses, n’ont plus rien à voir avec celles qu’ont connues nos aïeux. D’autant plus que ce navet (Brassica rapa), sur le plan santé, possède quelques avantages : vitamine C, manganèse, fer, cuivre, zinc, phosphore, potassium, calcium. A mieux considérer dorénavant ! Lot de consolation pour le navet : il incarne la charité dans la symbolique des plantes.

  • Dans l’Antiquité, les couronnes des vainqueurs étaient confectionnées avec des branches de lauriers, d’oliviers, ou de myrtes ; aujourd’hui, seule la couronne de mariée reste, alors que le myrte (Myrtus communis) était le symbole de la jeunesse, de la beauté, de la virginité, de l’amour, de l’immortalité… Tout un programme !

  • Peu connues il y a à peine quelques décennies, les lisianthus (Eustoma grandiflorum) ont conquis une place enviable dans le commerce des fleurs coupées, au point où les fleuristes français les ont déclarés " fleur de l’année 2003 " ; originaires du sud des Etats-Unis et du Mexique, elles sont très décoratives, mais ne se cultivent pratiquement pas au jardin.

  • Arbre ou arbrisseau au feuillage persistant, le chêne vert (Quercus ilex) mérite bien son nom, puisqu’il est toujours vert, contrairement à d’autres espèces du genre ; originaire du pourtour méditerranéen, il a la faculté de bien résister au vent et aux embruns, ce qui en fait un auxiliaire précieux en bord de mer ; son bois, lourd, est excellent en chauffage, son écorce est très riche en tanins.

  • Originaire du nord et de l’est du Sahara, cultivé depuis la haute Antiquité (plus de 6000 ans), le dattier ou palmier dattier (Phoenix dactylifera) arrive à produire jusqu’à 80 kilos par an de ces excellents et très nourrissants fruits que sont les dattes, et cela pendant une soixantaine d’années. On les consomme fraîches, en pain, pâtisseries crèmes glacées, jus, sirop, vinaigre, farine, alcool ; la sève de la plante donne du vin de palme, alors que le stipe est utilisé en construction, et les graines remplacent même le café. Une très large utilisation qu'apprécient les peuples d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

  • Des générations d’enfants l’ont pris en grippe, et pourtant on l’appelle " le prince des légumes " ; il est vrai qu’il possède de nombreuses propriétés, notre épinard (Spinacia oleracea) ; vitamines, minéraux, fibres, le tout trop long à détailler ici, en font un aliment de choix justement pour les jeunes ; Popeye ne l’a-t-il pas démontré, lui qui en consomme des quantités dès qu’il se sent un peu faible ? mais les adultes doivent aussi en faire leur profit.

  • Très utilisée par les humains au Moyen Age pour soulager un tas de bobos, les félins y font volontiers leur lit, d’où le nom d’herbe aux chats donné, entre autres appellations, à la valériane officinale (Valeriana officinalis), plante très décorative affectionnant les lieux humides et ombragés, et atteignant jusqu’à deux mètres.

  • Le cytise commun (Laburnum anagyroides), magnifique arbuste auquel le langage populaire a donné le nom de " pluie d’or ", mérite bien ce nom ; en effet, il se pare au printemps d’une floraison époustouflante, attirant tous les regards ; mais ne vous laissez pas trop séduire, car le bougre cache une belle tare : son extrême toxicité ; des splendides grappes de fleurs jaunes aux charmantes gousses en passant par les feuilles, tout est à contempler de loin si vous ne voulez pas faire partie de ceux que leur curiosité a amenés à l’hôpital ou, pire, au grand sommeil.

  • Consolez-vous, bonnes gens, ce n’est pas l’homme qui a inventé la peine, la douleur, la tristesse de perdre un être aimé ; les déesses et les dieux de la mythologie ont connu des moments délicats, eux aussi ; voilà par exemple le bel Apollon, qui aime Hyacinthe, s’exerce au lancer de disque ; une trajectoire malheureuse, et voilà que le cher ami est touché mortellement ; de la blessure coule le sang, et le dieu en fait naître une fleur, la jacinthe, bien sûr, Hyacinthus en bon latin.

  • Mange-fumée, quel nom curieux pour une plante, et pourtant l’arbre-bouteille (Beaucarnea recurvata) le mérite bien ; en effet, la Nasa le recommande pour son aptitude à absorber la fumée ; moralité : il faut toujours avoir un Beaucarnea chez soi, surtout qu’il apporte en plus une note originale à votre flore d’intérieur.

  • Un sol humide, acide, quoi planter ? des bruyères, bien sûr ! Le genre Erica, origine Afrique du Sud et des régions méditerranéennes, compte plus de 600 espèces, mais les horticulteurs vous proposent aujourd’hui plus de mille variétés ; voilà de quoi avoir un jardin fleuri tout au long de l’année, et dans une vaste gamme de coloris.

  • Les céréales constituent une des plus importantes bases alimentaires de l’homme et de certains animaux domestiques. Provenant des graminées ou de plantes d’autres familles, le nom nous vient de la mythologie romaine, de la déesse des Moissons, de l’Agriculture, de la Civilisation et du renouveau de la nature, Cérès. Considérée comme la créatrice des récoltes en Campanie, riche région agricole d’Italie, cette bienfaitrice de l’humanité fut assimilée à la divinité grecque Déméter. On célébrait jadis de grandes fêtes sacrées, en avril, les Cerialia. Les plus cultivées des céréales : blé i(Triticum)/i, seigle i(Secale cereale)/i, avoine i(Avena sativa)/i, orge i(Hordeum)/i, riz i(Oryza)/i, maïs i(Zea mays)/i, millet i(Sorghum)/i, sorgho, fournissent surtout de la farine, et assurent un rendement énergétique des plus positifs : un hectare peut nourrir 120 personnes, alors que l’élevage bovin assure les besoins annuels de deux individus seulement pour la même surface !

  • Quel bonheur de se mettre sous un arbre pour rêver, se reposer, lire ou…Bien des poètes l’ont tellement chanté, ce lieu idyllique où il s’est passé déjà tant de choses ; mais l’un de nos plus beaux spécimens, si l’on en croit la sagesse populaire, est à éviter, on y attraperait un sérieux mal de gorge : pauvre noyer (Juglans regia), toi qui nous donnes de si bons fruits, toi que de nombreuses générations ont choyé, n’es-tu pas réputé vivre de 300 à 400 ans ? pourtant il ferait bon s’y relaxer un soir d’été où les moustiques sont de sortie car, justement, cette fraîcheur ne leur convient guère ; notre noyer symbolise aussi la volupté, la fécondité ; dans l’ancienne Rome, lorsque de jeunes mariés rentraient dans leur maison, les jeunes gens demandaient au nouveau marié de leur lancer des noix ; plus les noix faisaient de bruit en tombant, plus le ménage connaîtra le bonheur.

  • Le lis de la Madone (Lilium candidum) fut appelé ‘Rosa junonis’ par les Romains, car ils pensaient que le lis provenait du lait de Junon, épouse de Jupiter, déesse de la Féminité et du Mariage ; cette dernière était assimilée à l’Héra grecque, épouse de Zeus et déesse du Mariage, et ainsi les Grecs pratiquaient-ils la même croyance.

  • Créé en 1635 par Louis XIII, le " Jardin royal des Plantes médicinales " est ouvert au public en 1640 ; il se nommera pendant un temps " Jardin du Roy ", pour devenir tout simplement le " Jardin des Plantes " ; entre autres curiosités dignes d’intérêt, on peut y admirer l’arbre que l’on considère comme le plus vieux de Paris, un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) datant de 1635.

  • Connues depuis fort longtemps en Asie, les agrumes sont déjà évoquées en Chine il y a près de 4.000 ans ; les troupes d’Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.) ont contribué à leur diffusion dans le bassin méditerranéen, notamment le citron (Citrus limon). Si sa vraie origine est inconnue, ses propriétés sont largement exploitées dans bien des domaines, entre autres en boisson, la fameuse limonade. Le plus gros citron, d'après le Guinness des records, a été cultivé par un Israélien en 2003, il accuse fièrement 5,265 kg sur la balance.

  • Vos invités sont là, vous allez vous mettre à table, et vous mettez les pieds dans le plat ! pas de panique, ce n’est pas un drame s’il s’agit de plantain (Plantago), nom issu du latin planta, plante des pieds, allusion à la ressemblance des feuilles du grand plantain (P. major) avec l’empreinte du pied humain ; mais ce n’est pas forcément celui que l’on mange, c’est le plantain lancéolé (P. lanceolata) qui se consomme aussi bien en salade lorsqu’il est jeune et tendre, ou plus tard cuit en légume ; un autre aussi, est prisé en salade, le plantain corne-de-cerf (P. coronopus) ; ces trois espèces, plus quelques autres, trouvent depuis longtemps une application en médecine par les plantes.

  • Utilisée par les plus grands cuisiniers, l’oseille ou grande oseille (Rumex acetosa) ne fait pas l’unanimité ; certes, si elle a bien des atouts, elle a aussi des points faibles, notamment à cause de l’acide oxalique qu’elle contient, sérieux handicap pour les voies urinaires, entre autres ; à l’inverse, les bonnes propriétés qu’elle met en balance ne sont pas négligeables : tout d’abord le délicieux potage, les sauces, mais aussi en pharmacie des plantes où elle est souvent évoquée pour contrer le scorbut ou neutraliser les irritations dues aux sucs toxiques d’autres plantes ; en cosmétique aussi, on lui a trouvé des emplois ; on " fait de l’oseille " comme on peut.

  • La plus dense des huiles végétales est fournie par les graines du ricin commun (Ricinus communis), plante des tropiques où elle atteint dix à douze mètres ; elle fut utilisée plus de 4 000 ans avant notre ère en Égypte comme purgatif et pour fortifier la chevelure ; des graines de cette époque, trouvées dans des tombeaux, contenaient encore des matières grasses ; aujourd’hui on emploie le ricin chez nous comme plante décorative, sa croissance donnant rapidement un végétal de taille appréciable et de forme agréable ; et si l’on continue à utiliser son huile en pharmacie, il n’en demeure pas moins que ses charmants " haricots " renferment une substance violemment toxique.

  • Ne vous laissez pas tromper par ce nom séduisant de bonnet d’évêque ou de prêtre, ce charmant fruit rouge qui en a l’aspect n’est pas si inoffensif ; en effet, le fusain d’Europe (Euonymus europaeus) renferme une certaine toxicité qui le rend peu fréquentable ; par contre, il est utilisé en pharmacopée, son bois s’emploie en marqueterie et donne, carbonisé, le fusain du dessinateur, l’enveloppe des graines ou arille (nom masculin) sert à la teinture des cuirs dits maroquins.

  • Doper son énergie, notamment sexuelle, est un vieux rêve de l’homme ; bien des plantes entrent dans la composition de ces soi-disant élixirs d’amour ; sont-ils vraiment efficaces ? toujours est-il que le gingembre (Zingiber), la noix du colatier (Cola nitida), le ginseng (Panax ginseng) figurent parmi les plantes réputées aphrodisiaques dont la liste peut largement s‘allonger.

  • A voir ses noms faisant référence aux oiseaux, il n’est pas étonnant que notre gent ailée trouve son bonheur sur le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), charmant petit arbre originaire de l’ouest de l’Europe, il se colore en rouge en automne grâce à ses baies qui attirent aussi les humains ; toxiques à l’état cru, elles sont comestibles une fois cuites, et sont très riches en vitamines ; elles auraient servi de succédané de café, et donnent une eau-de-vie réputée.

  • L’été 2003 ayant été particulièrement chaud et sec dans de nombreux pays, bien des enseignements sur la résistance des plantes, aussi bien à la chaleur qu’à la sécheresse, en ont été tirés ; l’un des principaux aura sans aucun doute été la constatation que les plantes paillées ont nettement mieux résisté que celles dont le sol n’a connu aucune protection ; ce n’est certes pas nouveau, mais il faut toujours le rappeler, bien des jardiniers l’oublient ; par ignorance ou par paresse ? Surtout les jeunes arbres et arbustes, dont beaucoup n’ont pas résisté, auraient pu être sauvés.

  • Classée parmi les plantes toxiques, les tiges de la morelle douce-amère (Solanum dulcamara) se mâcheraient ; l’écorce amère enveloppe un bois sucré, dont d’ailleurs son nom.

  • Fameuse liqueur dijonnaise, le cassis a connu un second souffle avec l’invention du kir ; mais non seulement le fruit du cassissier ou groseillier noir (Ribes nigrum) ainsi que les décoctions de feuilles sont très utilisées, en phytothérapie ce sont surtout les bourgeons ; depuis des siècles on célèbre leurs innombrables vertus thérapeutiques : anti-inflammatoires, anti-allergiques, diurétiques, anti-rhumatimales etc. ; son cousin, le groseillier à maquereaux (Ribes uva-crispa), dont le nom botanique indique bien qu’il porte des épines, donne de délicieuses compotes et gelées, même du vin et du vinaigre ; son fruit est rafraîchissant et laxatif, mais attention, les fruits verts, consommés en grande quantité, peuvent provoquer des intoxications ; un troisième larron, le plus cultivé dans les pays du nord de l’Europe jusqu’en Sibérie, c’est le groseillier rouge (Ribes rubrum) qui, lui aussi, donne gelées, confitures, sirop et renferme des propriétés apéritives ; en Lorraine, afin de rendre les gelées plus fines, on épépine les baies à l’aide d’une plume d’oie ; sacré travail d’orfèvre ! La joie, voilà le symbole que l’on a attribué à la groseille.

  • " Aller cueillir la noisette ", quelle charmante locution familière pour désigner les amoureux allant se perdre au fond des bois en quête de solitude à deux ; mais pas forcément dans une noiseraie, lieu planté de noyers ou de noisetiers, ces derniers également nommés coudrier ou avelinier ; le genre Corylus comprend une quinzaine d’espèces dont la plus connue, C. avellana, a hérité son nom d’une ville italienne de Campanie célèbre pour ses noisettes, Avelino.

  • Non contente de nous charmer par son éclatante floraison et ses belles feuilles peltées, la capucine, qu’elle soit grande ou petite (Tropaeolum majus ou minus), se retrouve aussi parfois dans nos salades qu’elle égaie (fleurs) ou à la place des câpres (jeunes boutons confits dans du vinaigre) ; autre corde à son arc : se faisant plante piège au potager, elle attire à elle les pucerons qui, du coup, épargneront vos légumes.

  • Si le paludisme n’existe pratiquement plus dans nos contrées, il n’en va pas de même en Afrique et en Asie, d’autant plus qu’il résiste de plus en plus aux traitements classiques ; une armoise, Artemisia annua, herbe traditionnelle chinoise, contient un composant qui semble efficace pour combattre le fléau ; d’ailleurs en Chine l’artémise (autre nom de l’armoise) était déjà utilisée au IVème siècle pour combattre la fièvre, et dès le XVIème pour soigner le paludisme.

  • Hedera helix, notre lierre si commun, classé parmi les plantes grimpantes ou les lianes, peut former à la base pratiquement un arbre, le tronc pouvant atteindre un diamètre conséquent ; comme bien des fruits toxiques pour l’homme, ils ne le sont pas pour certains mammifères et les oiseaux qui s’en régalent ; les insectes butineurs aussi, comme l’abeille, qui trouvent là en arrière-saison un garde-manger bien garni devenu par ailleurs quelque peu maigre, peu de plantes fleurissant en automne, le lierre si ; ses fleurs jaunes en bouquets attirent ces précieux auxiliaires ailés ; en hiver, les chevreuils tiennent ses baies noires en haute estime.

  • La pomme de Goa ou fruit-étoile, plus connue sous le nom de carombole, fruit du carambolier (Averrhoa carambola), dont la consommation diminue la glycémie et le diabète, s’utilise également pour effacer des taches de rouille sur les tissus ; on fabrique d’ailleurs des produits nettoyants avec ce fruit à pulpe juteuse et acidulée.

  • Hadès, dieu des Enfers dans la mythologie grecque, voyait d’un œil favorable une charmante petite nymphe appelée Minthe ; hélas, sa divine moitié, Perséphore, ne partageait pas du tout l’engouement de son maître et dieu ; ni une ni deux, elle piétina la belle qui fut changée en… menthe (Mentha en latin). Dans la symbolique des plantes, la menthe incarne la mémoire.

  • Fin avril, début mai, en allant dans les bois cueillir le muguet, vous voyez au loin une belle colonie, vous vous précipitez tout heureux à l’idée de faire un beau bouquet ; mais plus vous vous approchez, plus une odeur pas très agréable vous chatouille les narines, une odeur d’ail ; et là déception, il s’agit de l’ail des ours (Allium ursinum) dont le feuillage ressemble à celui de notre porte-bonheur, et qui a parfois la mauvaise habitude de le côtoyer. Mais consolez-vous car cette plante, dont les propriétés médicinales sont appréciées depuis des millénaires, purifie le sang, prévient les infections et combat les bactéries. Son nom viendrait des Germains qui professaient que sa consommation apportait la force de l'ours. Les grognements en plus ?

  • Depuis l’Antiquité, les peuples méditerranéens utilisent le sumac des corroyeurs (Rhus coriaria) pour teindre en noir leurs étoffes ; ce sont les feuilles, réduites en poudre et macérées dans l’eau en compagnie de bouts de ferraille rouillée, qui fournissent la teinture si appréciée dans certains pays comme l’Iran.

  • Arbuste mythique cultivé depuis plus de 3.000 ans avant J.-C., le grenadier (Punica granatum) aux fruits rouge sang est un symbole de fécondité et d’amour. On consomme les grenades fraîches ou en jus, et il nous donne évidemment le délicieux sirop dont raffolent les têtes blondes, la grenadine.

  • Les fèves de cacao (du cacaoyer Theobroma cacao) avaient tellement de valeur pour les Aztèques (ancien peuple du Mexique) qu’elles leur servaient de monnaie de paiement ; ils en faisaient une boisson appelée " chocolatl " ; le nom latin en dit long sur l’estime dont jouissait la plante : du grec theos, dieu, et broma, boisson, la boisson des dieux ; la théobromine contenue dans l’amande confère au cacao des propriétés stimulantes et diurétiques ; on en tire aussi le beurre de cacao utilisé en cosmétologie (rouge à lèvres).

  • Plante annuelle chez nous, vivace dans les pays chauds, l’aubergine (Solanum melongena) est probablement originaire de l’Inde ; cultivée depuis fort longtemps également en Chine, Afrique et Proche Orient, on en trouve d’ailleurs trace dans un livre chinois du 5ème siècle, mais ce ne serait que mille ans plus tard qu’elle est arrivée en Europe ; dans la symbolique des plantes, elle incarne la fécondité. Peu calorique, ce légume est extrêmement prisé dans le bassin méditerranéen et en Asie. D'ailleurs, sur près de 29 millions de tonnes produites en 2003 dans le monde, la Chine en compte 16 millions, l'Inde 8 millions de tonnes.

  • Angélique, un prénom qui fait fantasmer les hommes, une plante qui, elle aussi, possède quelques avantages : l’aspect est plutôt agréable, sa taille jusqu’à trois mètres la rend majestueuse ; la tige confite dans le sucre est utilisée en confiserie ; macérée, elle entre dans le ratafia d’angélique, quant aux utilisations médicinales, elles seraient bien trop longues à énumérer ici ; originaire du nord de l’Europe, Angelica archangelica servait jadis de seul légume au Groenland.

  • Pour être heureux, entourez-vous de végétaux sensés apporter le bonheur ; en Chine, quatre plantes le symbolisent : le bambou, le chrysanthème, l’orchidée et le prunier ; une autre recette, toujours chinoise, dit : si tu veux être heureux pendant un jour, bois ! si tu veux être heureux pendant une semaine, tues un cochon ! si tu veux être heureux pendant un an, maries-toi ! si tu veux être heureux toute ta vie, deviens jardinier !

  • Arbre mythique, le chêne (Quercus), dont il existe environ 600 espèces, était l’arbre sacré de Zeus chez les anciens Grecs ; les Romains le consacraient à Jupiter, alors que chez les Celtes, les druides résidaient dans ses forêts et cueillaient le gui (Viscum) sur l’arbre, où sa présence révélait celle du dieu suprême ; on raconte que les premiers hommes se nourrissaient des glands du chêne.

  • S’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer, ces bégonias (Begonia) si prolifiques qui fleurissent si bien notre environnement ; on recense bien plus de mille espèces dans ce genre, dédié à Michel Bégon (1638-1710), intendant dans plusieurs villes ou possessions françaises de l’époque, et plus de dix mille hybrides ou cultivars, issus d’innombrables croisements ; originaires des régions tropicales et subtropicales d’Amérique, d’Asie, quelques unes d’Afrique, ils sont devenus incontournables dans nos parcs, nos jardins, sur nos balcons ; bref, ils sont indispensables et omniprésents.

  • Arbre ou arbrisseau à feuillage persistant, utilisable en haie, le nerprun alaterne (Rhamnus alaternus), originaire des régions méditerranéennes et de Crimée, est un précieux allié pour les bords de mer puisqu’il supporte les vents violents et le sel marin ; se plaisant dans les sols calcaires et secs, il porte de jolies petites drupes rouges puis noires à maturité qui font le bonheur des oiseaux.

  • C’est la chicorée appelée à café ou à grosse racine (Cichorium intybus var. sativum), dont on coupe les racines en petits morceaux et que l’on torréfie, pour la déguster comme du café ou la mélanger parfois au vrai café (Coffea arabica) ; alors que l’on mange en salade ou braisée la chicorée de Bruxelles ou witloof (Cichorium intybus var. foliosum).

  • La canne de Provence (Arundo donax) mérite bien le nom de canne à musique qu’on lui attribue parfois, et cela depuis fort longtemps, puisqu’elle est utilisée depuis plus de 5.000 ans comme flûte, des fouilles dans des tombes égyptiennes datant de cette époque l’ont prouvé.

  • Familièrement appelé " poireau ", en référence au poireau (Allium porrum), l’ordre du Mérite agricole a fêté en 2003 ses 120 années d’existence ; créé en 1883 et remanié en 1959, il comprend trois grades : chevalier, officier et commandeur ; il récompense des personnes ayant rendu des services marquants à l’agriculture ; on compte quelque 500 000 nommés et promus depuis sa création ; serait-ce pour ce mérite que la symbolique des plantes le considère digne d’incarner la victoire ? mais combien de temps faut-il parfois " poireauter "...

  • Le raisin, fruit de la vigne i(Vitis vinifera), /isert pour une petite part à la consommation en frais, c'est le raisin de table. On le cultive beaucoup plus pour faire du jus de la treille, autrement dit du vin, c'est le raisin de cuve. On le trouve également en séché. Il est riche en sucre et en vitamines et agit contre l'obésité, la goutte, la constipation ; le jus de raisin frais non fermenté contient des vitamines B et C. Le raisiné, quant à lui, est une confiture obtenue à partir de jus de raisin additionné de poires ou autres fruits. Dans le langage populaire, quand on aime quelqu'un à la folie, on dit " l'avoir dans le raisin ". Au fait, à quelle époque se passent les vendanges ? En automne, septembre-octobre naturellement, répondez-vous, et vous avez raison mais vous avez également tort. En effet, l'automne se situant en avril-mai pour certains, c'est donc la pleine saison des vendanges dans l'hémisphère sud. Vous n'y croyez pas ? Allez à cette époque en Afrique du Sud et vous verrez qu'ici on ne raconte pas de bobards !

  • Les racines séchées de guimauve officinale (Althaea officinalis) et de pimprenelle (Sanguisorba) sont utilisées par les fabricants de bonbons pour leurs propriétés adoucissantes et expectorantes.

  • Le colchique (Colchicum autumnale), également nommé tue-vaches ou tue-chien, est bien connu pour sa toxicité qui réside dans toutes les parties de la plante, mais surtout dans les graines ; cinq grammes seraient mortels pour un adulte, un à un gramme et demi pour un enfant ; fleurissant sans feuilles en automne, ces dernières se développent au printemps dans les prés ; les vaches les évitent de loin.

  • Largement utilisée en Grande-Bretagne et en Allemagne ainsi que dans les pays alentours pour la confection de compotes, confitures, tartes, en dépit de son acidité, la rhubarbe (Rheum rhabarbarum), la " racine barbare ", est une drôle de compagne ; en effet, son limbe est toxique et fortement laxatif, alors que ce sont les pétioles que l’on consomme ! plante aux propriétés laxatives, astringentes et toniques.

  • La reine des fleurs nous enchante par ses parfums, sa grande diversité, bien sûr par sa beauté, elle est la plus vendue des fleurs coupées ; pourtant la rose a un défaut : elle est pourvue d’épines ; la nature l’aurait-elle dotée de cet attribut pour la protéger ? il existe cependant un rosier, appelé de Banks (Rosa banksiae), qui échappe à la règle : il n’a pas d’épines, ou si peu suivant les variétés.

  • Dans certaines zones tropicales d’Amérique centrale, où le thermomètre flirte avec les 40 ºC, des Tillandsia peuvent coloniser des arbres en quantités telles qu’elles font tomber leur hôte sous leur poids.

  • La papaye, fruit du papayer ou arbre à melons (Carica papaya), arbre cultivé dans les régions chaudes, possède un noyau que l’on peut parfaitement utiliser en épice, finement moulu il a un goût de poivre.

  • Devenir invisible ? pourquoi pas ! du moins les Anciens le croyaient, puisqu’il suffisait de disperser devant ses pas de la poudre obtenue avec la racine de la rose de Noël ou hellébore noir (Helleborus niger).

  • Quelque 900 espèces composent le genre Ficus, mais seul le figuier (Ficus carica) produit des fruits comestibles pour l’homme, en dehors de certaines espèces dont on ne tient pas compte ; très ancien en culture, des découvertes font apparaître le figuier en 5000 av. J.-C. En Provence, la tradition veut que l’on offre de la confiture de figues aux pauvres pour Noël. C’est sous un immense Ficus religiosa que Bouddha serait parvenu à l’"illumination" ou l’"éveil".

  • Fleur symbole de la Bretagne, l’hortensia (Hydrangea macrophylla) fait partie d’un genre comptant quelque trente espèces originaires d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que de l’est de l’Asie ; la commune de Ploërmel (Morbihan), lui rend hommage sur un parcours où sont plantées environ 350 variétés.

  • La belle couleur rouge de ses fruits a dû intriguer les Indiens d’Amérique tropicale, au point qu’ils l’utilisaient déjà largement lorsque les premiers Européens ont débarqué et découvert le rocouyer (Bixa orellana) ; cet arbrisseau tinctorial d’environ six mètres de haut porte de belles fleurs et surtout des fruits dont on tire le rocou, teinture jaune orangée, riche en carotène, servant de colorant dans l’industrie alimentaire : beurre, fromages, chocolat ; en Orient, il colore le riz ; les Indiens en peignaient leur corps, teintaient la poterie d’argile, coloraient des aliments et l’utilisaient en médecine pour calmer les brûlures.

  • Dans " Les révoltés du Bounty ", fameux film dont vous vous souvenez certainement, le capitaine contre lequel se mutinent les marins s’appelle William Bligh (1754-1817) ; en mer avec la mission de rapporter l’arbre à pain (Artocarpus altilis), son extrême sévérité a conduit à la révolte narrée dans le film ; cela n’a pas empêché un botaniste de dédier une plante à cet homme peu apprécié par ailleurs, le genre Blighia, dont nous connaissons surtout Blighia sapida ou aki, arbre d’Afrique tropicale aux délicieux fruits ; ces derniers possèdent cependant une réelle tare, consommés immatures ou blets, ils sont très toxiques, de sorte que l’on recense des cas mortels tous les ans.

  • Dieux et religions ont de tous temps joué un rôle important dans la vie des hommes, il n’est donc pas étonnant que l’on trouve de nombreuses références dans l’appellation des plantes ; prenons par exemple une orchidée qui se fait de plus en plus rare en France : Cypripedium calceolus, à laquelle on a donné, entre autres noms, ceux de bamboche de Sainte Vierge, esclop de Vénus, fleur Sainte Marie, pantoufle de la Vierge, pantoufle de Notre Dame, sabot de la Vierge, sabot de Notre Dame, sabot de Vénus, Sainte Vierge, soulier de la Vierge, soulier de Vénus...

  • Fruit d’été par excellence puisque désaltérant, le melon (Cucumis melo) est non seulement délicieux, mais un allié précieux pour les personnes soucieuses de leur santé ; vitamine C, carotène, conseillé comme anticancéreux, riche en fibres, potassium et eau, voilà qui devrait vous inciter à le mettre plus souvent sur la table, soit en entrée, en dessert ou encore en coulis ; mais attention à la cueillette ou à l’achat : pas assez mûr, la chair n’a pas de goût, trop mûr, le parfum s’est envolé ; avec le melon sucrin ou sucrin, variété très sucrée, on produit une délicieuse confiture ; originaire d’Asie Mineure, on ne connaît pas de melon de type sauvage, alors qu’en culture on sait qu’il existe depuis 2 000 ans avant J.-C. ; le groupe des cantaloups tire son nom de Cantalupo, ancienne propriété des papes près de Rome, qui l’avaient introduit en Italie.

  • " Grossier comme du pain d’orge ", cette maxime ne parle guère en faveur de la céréale comestible, industrielle et fourragère de la famille des poacées : l’orge (Hordeum vulgare) ; s’il est vrai que ce pain est lourd et indigeste, l’utilisation de cette céréale est tout de même prisée de nombreuses autres façons : orge perlé, orge mondé, en malterie pour la fabrication de la bière etc...

  • Impropre à la consommation en l’état, l’orange amère ou bigarade, fruit de Citrus aurantium ou bigaradier, trouve de nombreuses utilisations dans l’alimentaire : le jus relève des mets, la marmelade provient en grande partie de cet agrume, même du vin à base de jus fermenté est confectionné en Égypte ; de l’huile essentielle sert à aromatiser sorbets, pâtisseries, chewing-gum et autres boissons ; les fleurs donnent l'huile de néroli, un élément des eaux de Cologne de qualité et de nombreux parfums ; les feuilles fournissent une multitude d'arômes. Par contre, le délicieux fruit que nous consommons très largement en frais ou en jus provient de l’oranger doux (Citrus sinensis) et possède les mêmes bonnes propriétés que le premier ; dans le langage populaire, mettre ses oranges en étagère indique la mise en avant d’une poitrine féminine plus ou moins opulente.

  • Frais, en conserve, en jus de fruit ou en confiture, l’ananas (Ananas comosus) est universellement apprécié ; il figure parmi les fruits tropicaux les plus commercialisés au monde. Originaire d’Amérique tropicale, on rencontre encore des variétés sauvages dans le nord-est du Brésil ; c’est dans ce pays que les Portugais le trouvèrent, alors que les Espagnols le découvraient en Amérique centrale (Christophe Colomb en 1493 en Guadeloupe). Fruit d’excellente saveur, il fut rapidement cultivé dans les pays tropicaux, l’Europe ne le découvrant que bien plus tard. On lui reconnaît aujourd’hui un certain nombre de propriétés médicinales.

  • Des verrues ? La chélidoine (Chelidonium majus), herbe aux hirondelles ou herbe aux boucs, plus encore quelques autres appellations, les ferait disparaître lorsque l’on applique dessus, deux fois par jour, le lait jaune orangé qui constitue sa sève, d’où aussi le nom d’herbe aux verrues ; quant à la référence aux hirondelles, elle vient tout simplement de chelidôn, nom grec de ce gracieux migrateur.

  • Le flamboiement automnal vous enchante ? il est vrai qu’il s’agit d’un spectacle dont on ne se lasse pas ; mais pourquoi les feuilles virent-elles du vert au jaune, au rouge, à l’orange ? d’après de récentes recherches, ces pigments de couleur seraient présents dans la feuille, mais ils sont masqués par les pigments verts de la chlorophylle ; en automne, l’arbre récupère cette chlorophylle afin de mieux résister à l’hiver et préparer la nouvelle croissance du printemps.

  • Froissez une feuille de psoralée bitumineuse (Bituminaria bituminosa) et sentez-la ; quelle odeur s’en dégage ? eh bien celle du bitume, tout simplement ; le nom de la plante l’indique bien.

  • Sans elles, moins de fruits, car elles sont indispensables à la pollinisation : les abeilles, dont quelque 400 espèces de par le monde visitent nos plantes et les fécondent ; attention lors de l’utilisation de produits chimiques pendant leur saison de vol car, même si une colonie compte en moyenne 10 000 à 60 000 ouvrières, elles sont vite disséminées si l’on n’y prend garde.

  • L’ "Inflexible" Atropos, une des trois Parques, chargée de couper le fil de la vie de l’homme, semble bien ressuscitée dans notre belladone (Atropa bella-donna), si cruellement toxique ; et pourtant son utilisation ne fut pas toujours purement médicale, les belles dames italiennes (bella donna) s’embellirent avec un fard tiré des baies noires, et surtout mettaient de la sève dans les yeux pour dilater les pupilles et se donner ainsi un regard vague et rêveur, aujourd’hui on dirait sexy.

  • Espèce potagère européenne, la poirée (Beta vulgaris), connue depuis l’Antiquité, a connu une grande faveur au Moyen Age ; on la trouvait dans les jardins de Charlemagne et dans ceux des monastères ; aujourd’hui elle est appréciée pour ses bonnes propriétés : présence de potassium, calcium, magnésium, carotène, vitamine C, fer et fibres.

  • Non seulement son parfum pénétrant jusqu’à devenir désagréable nous le fait remarquer au printemps, mais aussi ses corolles jaunes qui se transformeront plus tard en belles baies noires, le sureau (Sambucus nigra) se rencontre dans les ravins, les ruines, sur décombres ; ses tiges cylindriques, creuses, vidées de leur moelle, servent à la fabrication de sifflets, de sarbacanes, de pipes, de flûtes ; on ne vous fait pas un compliment lorsque l’on dit de vous que vous avez une tête de sureau ; mais non, elle n’est ni vide ni légère !

  • Les palmiers étant des plantes de régions chaudes, quelques uns survivent tout de même dans des contrées moins favorisées ; ainsi en est-il du palmier chanvre (Trachycarpus fortunei), dont l’origine se situerait en Chine, et qui a été introduit en Europe en 1831 ; suivant les auteurs, il supporterait des températures de –12 °C, d’autres affirment qu’un individu aurait résisté à –24 °C.

  • Parmi la centaine d’espèces de crocus, originaires d’Europe ou des pays méditerranéens, choisissez Crocus sativus, cueillez-en 150 000 à 180 000 fleurs, et vous aurez un kilo de safran, une des épices les plus chères du monde ; vous aromatiserez et colorerez vos sauces, bouillabaisse ou paella, à moins que vous ne préfériez l’utiliser comme Jupiter et Zeus pour agrémenter vos ébats amoureux, car il passe pour aphrodisiaque ; 0,1 g de safran colore visiblement 10 l d’eau en jaune ; découvert quinze siècles avant notre ère en Égypte, le safran symbolise la sagesse en Orient ; souvenez-vous des moines bouddhistes, ils portent ses couleurs.

  • Lapin, porc et oie se régalent du laiteron (Sonchus), de la famille des Composées, aujourd’hui Astéracées ; l’homme consomme en salade Sonchus oleraceus que nous connaissons sous les noms de laiteron maraîcher, laiteron potager, lait d’âne, laiteron lisse ou encore salade de lièvre.

  • Les services des espaces verts des villes utilisent de plus en plus de plantes potagères dans les massifs ; les choux ornementaux (Brassica oleracea var. acephala) ne sont plus les seuls à participer au fleurissement de nos cités et de nos jardins ; des bettes, des betteraves, des artichauts… les ont rejoints.

  • Fleur des amoureux, l’aubépine (Crataegus laevigata synonyme C. oxyacantha) était offerte dans l’Antiquité aux mariés comme vœu de prospérité et de santé ; plante du cœur, elle est connue pour soigner les problèmes cardiaques et circulatoires ; si vous la rencontrez, méfiez-vous, la belle est armée de fortes épines, suivant en cela sa cousine la rose.

  • Originaire d’Amérique, la pomme de terre (Solanum tuberosum) aurait été cultivée 5 000 ans avant notre ère près du lac Titicaca (Andes) ; ce n’est que vers 1570 qu’elle fait son apparition en Europe, d’abord uniquement comme plante ornementale, avant de devenir un des plus importants produits de notre base alimentaire ; elle est appelée primeur lorsqu’elle est récoltée avant maturité complète ; de courte conservation, elle est pauvre en lipides mais nettement plus riche en vitamine C que la pomme de terre de conservation ; si l’on obtient en général une récolte par an, il existe des variétés et surtout des contrées ou deux et même trois récoltes sont possibles ; presque toutes les parties de la plante sont toxiques, surtout les baies ; le tubercule vert (trop exposé à la lumière) ou germé contient de la solanine toxique, aussi vaut-il mieux le peler soigneusement et éloigner les germes. Plus de 1600 variétés, dont env. 140 inscrites au catalogue officiel, sont actuellement recensées. La production mondiale se situait en 2003 à plus de 310 millions de tonnes, dont 66 en Chine, 36 en Russie, 23 en Inde, 20 aux États-Unis. De quoi en faire, des frites !

  • Entre 350 et 400 kg de fleurs fraîches de jasmin (Jasminum) sont nécessaires pour obtenir 60 centilitres d’essence absolue servant à la composition de parfum ; certaines espèces, comme le jasmin d’Espagne (Jasminum officinale ‘Grandiflorum’) en nécessitent même près de mille kilos pour cent grammes d’essence.

  • Environ 350 plantes seulement seraient endémiques de nos Alpes, alors que leur flore compte aujourd’hui au moins 5 000 espèces.

  • A les voir si petites, si mignonnes, qui pourrait soupçonner que certaines espèces de ces charmants Plectranthus cachent sous terre des tubercules comparables à des pommes de terre ? Et pourtant, dans leurs pays d’origine, Asie, Australie et Afrique, c’est bien le cas ; la preuve, les Anglais leur ont donné des noms tels que Kaffir ou Chinese potato, les Allemands Galakartoffel, la pomme de terre de gala, pas moins ! Chez nous, ils garnissent joliment parcs et jardins, et sont très utilisés en mosaïculture.

  • La pastèque (Citrullus lanatus), cultivée depuis plus de quatre mille ans, est toxique lorsqu’elle est immature ; pourtant, sa chair rouge sang, peu calorique mais extrêmement rafraîchissante, fait le délice de bien des assoiffés ; on peut trouver des fruits pesant jusqu’à quatorze kilos.

  • Légume fruit le plus cultivé au monde aujourd’hui, plus de 50 millions de tonnes par an, elle fut considérée comme dangereuse, impropre à la consommation et utilisée comme plante ornementale il y a encore un siècle : la tomate (Lycopersicon esculentum) ; appelée pomme d’amour par les Anglais et les Allemands, pomme d’or par les Italiens, elle a pris une belle revanche avec ses 1 793 variétés proposées actuellement en Europe ; la sécheresse de 2003 a fait apparaître un problème relativement fréquent sous climat chaud, mais moins connu dans les régions plus arrosées : la nécrose apicale ; il s’agit du noircissement de la base du fruit, dû essentiellement à un arrosage irrégulier ou déficitaire, appelé aussi, populairement, cul noir.

  • La nectarine et le brugnon sont tous les deux le fruit de Prunus persica var. nucipersica ; petite différence cependant entre les deux : si pour la première le noyau reste libre, pour le second il adhère à la chaire.

  • Dans la province du Cap, en Afrique du Sud, on trouve sur une étroite bande de dix kilomètres sur cinquante plus d’espèces végétales natives que dans toute l’Europe.

  • Le tilleul (Tilia platyphyllos) commence à fleurir entre six et dix ans, suivant les variétés et l’exposition, produisant en moyenne quarante kilos de fleurs fraîches, soit un kilo de matière sèche prête à l’infusion.

  • Si certains arbrisseaux de houx (Ilex aquifolium), nommé aussi, entre autres, laurier piquant, ne portent pas de fruits, rien d’étonnant, la plante étant généralement dioïque (sujets mâle ou femelle), le premier ne produit donc pas ces belles baies rouges en automne.

  • Quelle glu ! évitez qu’on ne parle de vous en lançant cela ; en plus, il vaut mieux ne pas " Avoir de la glu aux doigts ", car c’est être très maladroit ; mais d’où provient-elle, la glu ? deux plantes servaient à la fabriquer : le gui (Viscum album) ou le houx (Ilex aquifolium) ; de ce dernier, on utilisait l’écorce intérieure, on la faisait bouillir et on la laissait arriver à putréfaction ; quant au gui, il constitue un mets de choix pour de nombreux oiseaux qui, en hiver, ont parfois des difficultés pour trouver leur subsistance ; il remplace alors les insectes plus rares à cette époque de l’année.

  • Mieux vaut ne pas s’absinther, c’est mauvais pour la santé ; en effet, ce vieux verbe populaire signifie boire de l'absinthe avec excès, liqueur alcoolique obtenue par macération ou distillation de plusieurs plantes, où entrait principalement l’absinthe (Artemisia absinthium) ; la consommation abusive conduit à l’absinthisme, engendrant des troubles morbides plus marqués que l’alcoolisme, au point qu’en 1915 la fabrication, la détention et la vente en furent interdits en France ; et pourtant cette plante amère, connue dès la préhistoire (en Égypte vers 1600 avant J.-C.), a soigné une impressionnante quantité d’affections et de malades. Parmi toutes les médications, retenons celle recommandée aux femmes acariâtres et bilieuses : l’absinthe régulerait la bile ou même l’éliminerait, c’est du moins ce que l’on croyait au seizième siècle.

  • De très lente croissance et de très grande longévité, plus de 3 000 ans estime-t-on, l’if (Taxus baccata) est connu pour sa toxicité qui concerne aussi bien le bois, l’écorce, les feuilles que les graines ; bien des hommes en ont été victime, plus nombreux encore des animaux, même ceux qui ont mangé de la viande intoxiquée par l’if ; on déconseille également l’installation de ruches à proximité ; et pourtant, une partie de cette belle plante est délicieuse, c’est l’arille, la baie charnue, de saveur douce, qui entoure la graine ; cette dernière, par contre, rejetez-la, elle est fortement toxique ; Pline, naturaliste et écrivain latin, aurait affirmé que du vin, transporté dans des récipients fabriqués avec du bois d’if, avait provoqué la mort.

  • Plante tubéreuse originaire des régions méditerranéennes, l’asphodèle (Asphodelus albus) serait né d’une goutte de lait tombée du sein de Vénus ; sacrée ascendance pour ces belles hampes blanches que l’on peut rencontrer par milliers sur certaines pentes des Pyrénées ; les tubercules furent jadis utilisés en panification, en distillation, pour fabriquer de la colle, ou encore comme aliment pour les vaches.

  • A première vue, laurier et daphné n’ont rien en commun, les deux genres n’appartiennent même pas à la même famille ; pourtant étymologiquement le nom daphné (Daphne) vient du nom grec du laurier sauce (Laurus nobilis) ; explication : le laurier, symbole de victoire depuis l’Antiquité, était la plante d’Apollon, dieu de la beauté, de la lumière et des arts dans la mythologie grecque ; car le plus beau des dieux convoitait une jolie petite nymphe nommée Daphné ; malheureusement pour lui, cette dernière n’en voulant pas et désirant rester " jeune fille ", elle demanda à son père de la changer en… laurier ; et c’est ainsi que le bel Apollon a dû se contenter d’un charmant arbre dont les feuilles rendent aujourd’hui encore certains de nos plats plus savoureux.

  • Agréables à grignoter, ces petites graines que sont les pistaches, utilisées aussi en cuisine et en confiserie, poussent sur le pistachier vrai (Pistacia vera) ; ces arbres étant dioïques, il faut planter un mâle pour 5 ou 6 pieds femelles si vous voulez des fruits ; en plus, comme le pollen se disperse très rapidement, la pollinisation manuelle s’impose au moment de la floraison.

  • Précieux en bord de mer, aimant les embruns et les sols salés, le tamaris de France (Tamarix gallica) illumine au printemps et en été les régions méditerranéennes dont il est originaire ; cet arbrisseau à la floraison rose, rouge ou blanche, particulièrement décoratif, sert parfaitement à la confection de haies dans des sols sableux qu’il fixe bien avec ses profondes racines.

  • Pamplemousse ou pomélo ? la confusion entre ces deux agrumes est courante ; le premier, Citrus maxima, est originaire d’Asie du Sud-Est, alors que le second, Citrus x paradisi, en est un hybride né dans les Caraïbes ; si les fruits du pomélo sont jaunes, celles du pamplemousse sont plutôt jaune-verdâtre, sont plus gros et possèdent une écorce plus épaisse. N'empêche, les fruits sont aussi appréciés l'un comme l'autre, en frais, jus, salade de fruit et divers desserts.

  • Respectueux de la nature, pensez à semer des engrais verts au lieu d’épandre des engrais chimiques ; plusieurs plantes s’y prêtent parfaitement, certaines ayant en plus des propriétés nématicides ; semées chaque fois qu’une plate-bande risque de rester en friche pendant quelques mois, elles couvrent le sol et empêchent l’érosion ; à recommander : le serradelle (Ornithopus sativus), la phacélie (Phacelia), le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum), le trèfle violet (T. pratense), la moutarde blanche (Sinapis alba), la vesce (Vicia)….

  • Il n’est pas à souhaiter qu’une " Vénus de carrefour " (prostituée en langage populaire) se promène dans votre jardin ; mais la Vénus des Potagers, pourquoi pas ? La belle divinité romaine, déesse de l’Amour, en était, paraît-il, la protectrice, comme elle était aussi celle des Marins et du Charme ; elle avait fort à faire dirait-on ; noblesse – et beauté – obligent ! Le nom d’espèce venustus provient de Vénus, grâce, beauté ; ainsi Adiantum venustus, la capillaire cheveux de Vénus.

  • Combattu par les agriculteurs comme mauvaise herbe dans les champs de céréale, le coquelicot (Papaver rhoeas), originaire d’Europe, des pays méditerranéens et d’Asie tempérée, égaie toujours terrains vagues, jachères, décombres et même cultures de ses fleurs rouges ; à côté de son utilisation en médecine, on le trouve aussi en cuisine, notamment les graines sur le pain ; une capsule contient quelque 5 000 de ces graines, qui fournissent aussi du colorant ; Louis XIV aurait volontiers consommé des soupes aux coquelicots et aux orties (Urtica dioica).

  • Pline l’Ancien (23 à 79 après J.-C.), naturaliste et écrivain latin, conseillait aux femmes stériles de porter sur soi des graines de momordique ou concombre d’âne, concombre du diable ou encore concombre sauteur (Ecballium elaterium) "attachées sans qu’elles aient touché terre".

  • Dix pour cent seulement de la flore terrestre aurait fait l’objet de recherches chimiques ou pharmacologiques sérieuses ; cela représente tout de même une certaine quantité, lorsque l’on sait que le nombre des plantes officiellement recensées, dénommées et décrites se situe entre 260 000 et 300 000, variétés et cultivars non compris.

  • Pas facile de créer une nouvelle plante si l’on ne fait pas partie des dieux ; un jeu d’enfant portant quand on est Aphrodite, déesse de l’Amour : en sortant de l’onde, elle aspergea de gouttes d’eau la terre, et celles-ci se seraient transformées en roses blanches ! Il en va tout autrement aujourd’hui : après une période où l’esthétique de la fleur tenait la première place, voici que reviennent en force des roses parfumées (genre Rosa) ; c’est à la demande des consommateurs qui réclament " toujours plus ", que les obtenteurs se sont remis au parfum ; mais non seulement pour la reine des fleurs, la recherche des suaves odeurs s’étend sur toute la gamme des végétaux, et des jardins de fragrances sont créés pour le plus grand bonheur de nos sensations olfactives.

  • Un jour, le diable poursuivit une jeune fille de ses assiduités, mais la belle se cacha dans un champ de millepertuis (Hypericum perforatum), alors le coquin troua les feuilles pour la trouver, et voilà qu’est née l’herbe à mille trous ; les temps ont changé et l’homme a trouvé à la plante une utilisation plus conforme, en médecine, notamment comme antiseptique et cicatrisant.

  • La véraison (du moyen français vérir, mûrir) se dit du changement de couleur à l’approche de la maturation d’un fruit ; exemple : l’olive, fruit de l’olivier (Olea europaea), vérite lorsqu’elle passe du vert au vert jaunâtre par le violet pour atteindre finalement le noir à maturité complète ; les olives vertes contiennent plus de vitamine et d’éléments minéraux que les noires, par contre leur teneur en matière grasse est divisée de moitié ; les récoltes s’échelonnent de septembre à janvier selon l’utilisation ; cultivé dès la plus haute Antiquité, originaire de l’Asie Mineure, l’olivier peut vivre jusqu’à mille ans, certains prétendant même qu’il existe encore aujourd’hui des arbres datant du temps du Christ. Symbole de sagesse, de paix, d’abondance, de gloire et de triomphe, le bois de cet arbre mythique n’en sert pas moins en ébénisterie, où l’on apprécie ses teintes et sa dureté ; un handicap : les températures minimales doivent rester supérieures à moins huit degrés ; il ne se porte bien chez nous que dans les régions que l’on appelle zone de l’olivier. Poétiquement on l’appelle " arbre de Minerve ", en référence à la déesse de la mythologie romaine Minerve, en latin Minerva ; celle-ci était assimilée à la déesse grecque Athéna, qui aurait fait don de l’olivier à Athènes.

  • Certaines personnes sont tout étonnées lorsqu’on leur parle d’orchidées sauvages croissant en France, pensant que ces plantes ne peuvent provenir que de pays tropicaux ; détrompez-vous, bonnes gens, et sachez que l’on compte dans l’Hexagone et les pays limitrophes environ 150 taxons répartis en une trentaine de genres, et que l’on trouve des orchidées dans des contrées bien plus froides telles que le Cap Nord, le Canada ou l’Alaska entre autres ; avec un peu de chance, vous pouvez admirer chez nous des Cephalantheras, Dactylorhiza, Epipactis, Ophrys, Orchis, Serapias, entre autres merveilles ; mais vous prendrez soin de ne pas les cueillir ou les arracher, la plupart des espèces sont protégées.

  • Habiller un jeune plant : drôle d’expression de jardinier pour exprimer l’action qui consiste à raccourcir racines et feuilles avant plantation (par exemple le poireau, Allium porrum).

  • Nos voisins allemands l’appellent " Götterblume ", fleur des dieux ; il est vrai qu’elle est divine, cette primulacée à fleur de cyclamen que nous connaissons sous le nom de gyroselle de Virginie (Dodecatheon meadia).

  • Léto, mère d’Artémis et d’Apollon dans la mythologie grecque, appelée Latone par les Romains, donna la pivoine (Paeonia) au médecin grec Paeon en en vantant les vertus ; les plantes sont originaires d’Europe, surtout méditerranéenne, de l’Asie tempérée, de Chine et d’Amérique du Nord ; le genre compte 33 espèces, dont les sauvages sont protégées dans plusieurs pays européens.

  • En Amérique centrale, plusieurs espèces d’amarantes (Amaranthus) sont consommées en farine à partir de graines soufflées, ou en bière (graines fermentées) ; on mange aussi les feuilles cuites comme légumes. Amaranthus caudatus, originaire du Pérou, est l’une des plus anciennes cultivées dans ce pays, quelque 4 000 ans avant J.-C. Ses graines sont riches en vitamines A et C, en protéines et en amidon ; on les retrouve aujourd’hui dans les mueslis.

  • L’amande contenue dans le noyau de l’abricot (Prunus armeniaca) s’utilise parfois comme l’amande commune (Prunus dulcis), au point où l’huile d’amande amère employée dans l’industrie alimentaire provient en grande partie de noyaux d’abricots. Appelée par les Romains " noix grecque ", l’amande douce est à la base du sirop d’orgeat, autrefois très utilisé. Le fruit est consommé frais, en conserve, séché ; on en tire aussi de l'eau-de-vie.

  • Si la moutarde vous monte au nez, essayez de vous raisonner, et dites-vous bien qu’elle peut aussi monter dans votre jardin, la moutarde noire (Brassica nigra), dont les graines servent à fabriquer un des condiments les plus utilisés en cuisine ; la moutarde blanche (Sinapis alba), qui a pratiquement les mêmes propriétés, était jadis très employée en pharmacie ; les deux espèces comptent parmi les plus anciens végétaux cultivés par l’homme.

  • Purin au jardin, soupe, tarte ou gelée sur la table, l’ortie (Urtica) a gagné ses lettres de noblesse après avoir été longtemps méprisée ; sûr que ses piqûres ne l’ont pas rendue populaire, déjà son nom en dit long, qui vient du latin uro ou urere, brûler ; c’est la Confrérie des Amis de l’Ortie qui l’a mise à l’honneur, alors que son utilisation comme le chanvre ou le lin en faisait une plante relativement précieuse naguère ; dans l’Antiquité elle symbolisait la luxure.

  • Notre bonne vieille laitue n’est effectivement pas très jeune, puisqu’on en trouverait trace de cultures en Égypte 4.500 avant J.-C. ; les Romains en ont assuré sa diffusion en Europe, c’étaient des laitues romaines, les pommées ne semblent connues que depuis la moitié du 16ème siècle ; surtout consommées en salade, on les mange également cuites, alors que les graines fournissent une huile de table.

  • Le splendide arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba), également nommé arbre des pagodes, pose problème en ville en automne lorsque les fruits des sujets femelles tombent à terre : piétinés par les passants, ils dégagent une odeur de crotte de chien ou de chat devenant rapidement incommodante lorsqu’il y a concentration, par exemple comme arbre d’avenue ; choisir si possible des sujets mâles ne portant pas de fruits ; en Chine se trouve un exemplaire qui semble être le plus vieux du monde, on l’estime à plus de trois mille ans.

  • Etendue sur près d’un quart du territoire national, la forêt française est la plus grande d’Europe, même si elle a connu récemment quelques gros dégâts suite aux tempêtes ou aux incendies.

  • Arroser vos plantes d’appartement par le bas (dans la soucoupe) est certes une bonne chose, mais ainsi les sels minéraux se concentrent dans le substrat ; alors, de temps à autre, versez de l’eau par le haut sans trop mouiller les feuilles.

  • Jadis très cultivé pour l’alimentation aussi bien de l’homme que du bétail, le panais potager (Pastinaca sativa) avait pratiquement disparu des étals ; il revient, et c’est tant mieux , car il a de nombreux atouts ; il contient du magnésium, du soufre, du calcium, de la vitamine C, B1 et PP et, en plus, on peut le cuisiner de bien des façons ; délicieux si l’on sait y faire.

  • Coucou, fleur de printemps, printanière, champion, primerolle, herbe de saint Pierre sont quelques uns des nombreux noms de la primevère commune ou officinale (Primula veris) dont le nom latin dérive de primus en référence à la précocité de la floraison ; elle apparaît à l’époque où le coucou nous régale de son chant mélodieux ; ayez toujours un peu de monnaie en poche, car dans certaines régions on prétend que lorsque l’on a le porte-monnaie garni au premier appel du coucou, on ne restera pas les poches vides le reste de l’année.

  • Dans les contrées où le thermomètre descend largement au-dessous de zéro, les camélias (Camellia) en pot demandent protection ; mais attention, non seulement les parties aériennes, les racines craignent aussi le gel.

  • Des nèfles ! dit-on, quand on n’y pense pas, ou il n’en est pas question ! à voir, car les fruits du néflier du Japon ou bibassier (Eriobotrya japonica) ne sont pas si nuls que ça : ils contiennent, en effet, une bonne dose de calcium, de phosphore et de vitamine A. Ils sont consommés frais ou en conserve, confiture, alors que les pépins sont utilisés en pâtisserie. L'eau de vie de nèfles est excellente.

  • ‘Mara des bois’, ‘Gariguette’ et autres ‘Darselect’ figurent parmi les plus connues des quelques variétés de fraisiers (Fragaria ( ananassa) que l’on cultive encore aujourd’hui, alors qu’au XIXème siècle dans les six cents variétés régalaient les Français. Le fraisier s’est vu attribuer la bonté dans la symbolique des plantes. Pas étonnant, ne dit-on pas, parfois, il a une bonne fraise. Par contre, il vaut mieux ne pas toujours ramener sa fraise. Oui, mais au jardin la fraise rend de sacrés services lorsqu'elle est montée sur le motoculteur. Mais ça, c'est une autre histoire !

  • Cultiver avec la lune est une très vieille histoire ; on trouve, en effet, référence de calendriers agricoles fondés sur les mouvements de la lune en Mésopotamie qui dateraient de plus de 3 000 ans.

  • Plantes sans racines ni vaisseaux, mais généralement pourvues de feuilles, les mousses ont hérité leur nom français du latin muscus ; la plupart des langues européennes en dérivent : en anglais et suédois moss, en allemand moos, en espagnol et portugais musgo, en italien musco, en néerlandais mos.

  • On compte environ 12.000 espèces de fourmis (lat. Formica) au monde, dont 180 en France ; si leurs taille, couleur et forme diffèrent, elles possèdent toutes trois paires de pattes et une paire d’antennes.

  • Dans le genre Hoya, que nous nommons fleur de porcelaine, l’espèce kerrii possède des feuilles en forme de cœur qui, d’après une légende thaï, porte chance et prospérité aussi bien à celui qui l’offre qu’à celui qui la reçoit ; les Anglais la nomment sweetheart hoya, "doux cœur".

  • Il aurait plus de 4.800 ans d’âge et serait ainsi le plus vieil être vivant de la planète, on l’a appelé, évidemment, Mathusalem ; il vit en Amérique, plus précisément dans une forêt à cheval sur la Californie et le Nevada, dans une petite chaîne de montagnes culminant à 4.300mètres ; il s’agit d’un pin, Pinus longaeva (D.K. Bailey) ; il est entouré de ses semblables dont certains, morts mais toujours debout, accuseraient une date de naissance remontant à quelque 10.000 ans !

  • Grâce à son extrême solidité, comparable à l’acier courant, le bambou remplace le fer dans le béton armé ; avantages, entre autres, par rapport au métal : il ne rouille pas et les renflements de ses nœuds améliorent l’ancrage dans le ciment. Après la floraison, le bambou meurt, épuisé par un intense effort ; si votre bambou se met à fleur, coupez les inflorescences avant leur fructification. De la famille des poacées, les bambous sont répartis sur plusieurs genres (plus de 1000 espèces), dont le genre Bambusa est le plus connu.

  • Petit arbre ou arbrisseau au feuillage caduc argenté, l’olivier de Bohême (Elaeagnus angustifolia) n’est pas vraiment un olivier, mais ses baies sont consommées en sorbet au Proche-Orient ; il sert parfaitement à la confection de haie défensive grâce à ses rameaux épineux ; en bord de mer c’est un bon brise-vent ; en outre, il fixe bien le terrain.

  • Le garoé, Ocotea foetens, appelé aussi arbre-fontaine, doit ce nom au fait qu’il y pleut presque constamment dessous ; découvert en 1405 sur l’île de Hierro ou île de Fer (la plus petite des Canaries), endémique de cet archipel et de Madère, il a la particularité de retenir l’humidité apportée par le brouillard et de la faire retomber en pluie ; c’est une véritable bénédiction dans les régions où les pluies sont rares mais où les brouillards sont courants.

  • Pour l’expédition de leurs fleurs, les producteurs de la Côte d’Azur utilisaient jadis des paniers ou corbeilles confectionnés à l’aide de cannes de Provence (Arundo donax), un matériau naturel et robuste, guère utilisé aujourd’hui ; par contre, la fabrication d’anches pour instruments de musique tels clarinettes et saxophones assure encore un large débouché à cette herbe bien caractéristique de nos rivages méditerranéens.

  • Contrairement à ce que laisse entendre son nom latin, Prunus armeniaca, l’abricotier n’est pas originaire d’Arménie mais de Chine, de Mandchourie plus exactement où il est cultivé depuis près de cinq mille ans ; ce sont les Grecs, au 1er siècle, qui l’ont appelé " pomme d’Arménie " puisqu’il leur est parvenu de cette région.

  • Charmant bleuet (Centaurea cyanus) si prisé, honni quand tu te trouves dans un champ de blé, ton patron n’est pas le premier venu, le genre Centaurea n’est-il pas dédié à un centaure ? et encore pas à n’importe lequel, à Chiron, gentil parmi les méchants ; en effet, ces êtres fabuleux, moitié homme et moitié cheval, étaient plutôt des violents ; mais notre Chiron se distingue des autres par son caractère bienfaisant et son amour de la justice, il soigne les blessés et les malades, passe pour l’inventeur de la médecine et de la chirurgie ; belle référence pour une simple, non ?

  • Se faire changer en plante était décidément un passe-temps relativement courant dans la bonne vieille mythologie grecque ; voici un jeune homme du nom de Cyparissos ou Kuparissos, favori d’Apollon ; il est désespéré et veut se donner la mort, il vient de tuer un cerf qu’il aimait ; Apollon, ni une ni deux, le métamorphose en cyprès, Cupressus en latin.

  • Voici une charmante histoire, qui vient encore de la mythologie grecque, mais elle mérite vraiment d’être contée : Endymion, jeune berger d’une rare beauté, est aimé de Séléné (personnification de la Lune) qui vient le contempler chaque nuit ; Zeus lui donne à choisir l’existence qu’il préfère, il demande à ne jamais vieillir et à devenir immortel, en restant plongé dans un sommeil sans fin ; il symbolise le bonheur humain qui glisse insensiblement vers l’éternité bienheureuse ; les botanistes lui ont consacré le genre Endymion, devenu entre temps un synonyme de Hyacinthoides.

  • La magnifique rose de Noël (Helleborus niger) a un petit défaut : elle est toxique, et pas qu’un peu, comme d’ailleurs plusieurs espèces du genre Helleborus ; pourtant Mélampous, médecin et devin, héros et patron de toute une lignée de guérisseurs, aurait guéri de la folie les filles d’un roi d’Argos en leur donnant de l’hellébore ; l’histoire ne dit malheureusement pas quelle espèce il utilisa.

  • Vieux compagnon de l’homme, la calebasse, fruit du calebassier (Lagenaria siceraria), est en culture depuis bien longtemps ; dans des fouilles archéologiques en Afrique et au Pérou, datant de 6 000 à 12 000 ans avant J.-C., et en Thaïlande, 8 000 ans av. J.-C., on en a trouvé les preuves ; bien mûries et correctement séchées, les calebasses trouvent de nombreuses applications : récipients, vaisselle, outils, bouchons pour filets de pêche, nids pour oiseaux et, évidemment, instruments de musique (maracas), parfois décorés de façon cocasse, pour ne citer que les principales utilisations. Avant maturité, les jeunes fruits sont consommés. Pour rendre hommage à cette plante si utile, une association allemande pour la sauvegarde des espèces végétales l’a consacrée légume de l’année 2002.

  • Les ennemis de nos plantes sont évidemment aussi nos ennemis·; nous les combattons de différentes manières, la meilleure étant la naturelle. Par exemple, au potager, faites fuir l'infernale mouche des légumes en dispersant les gourmands enlevés aux pieds des tomates, elle ne supporte pas leur odeur.

  • Contrairement à une croyance bien établie, les agrumes ne sont pas les meilleurs fournisseurs de vitamine C ; en effet, parmi les stars, citons le cassis ou groseille noire (Ribes nigrum) qui atteint 175 milligrammes aux 100 g de fruits, le persil (Petroselinum crispum) avec ses 165 milligrammes aux 100 g, et le piment doux ou paprika (Capsicum annuum) qui offre 140 milligrammes aux 100 g, alors que le citron (Citrus limon) n'arrive qu'à un bon tiers de ces valeurs.

  • Ils seraient quelque 450 millions d'habitants d'Extrême-Orient et de la côte est de l'Afrique à mastiquer du bétel, mélange de feuilles du poivrier bétel (Piper betle), de noix d'arec (Areca catechu), de chaux, parfois agrémenté d'arômes d'autres plantes. Cette drogue douce n'est cependant pas si inoffensive, entre autres complications comme le noircissement des dents et leur déchaussement, elle est à l'origine de nombreux cas de cancer de la cavité buccale. Les débutants sont souvent sujets à des vertiges, brûlures de la bouche et de la gorge, envie de vomir. Que la salive se teinte de rouge, d'accord, mais les crachats vermillon émaillant bien des endroits, faut vraiment s'y faire !

  • Aujourd'hui considérée comme une peste végétale que l'on combat dans bien des régions en raison de son pollen responsable de puissantes allergies, l'ambroisie i(Ambrosia)/i jouissait jadis d'une bien meilleure réputation. Figurez-vous que dans la mythologie grecque iAmbrosia/i était la nourriture des dieux qui leur procurait l'immortalité, pas moins ! Ils en consommaient pendant les fêtes et les joyeuses libations qui meublaient leurs longues heures de désoeuvrement. Peut-être deviendrez-vous, vous aussi, immortel en buvant de l'ambroisie, une liqueur obtenue en faisant macérer différents aromates dans un mélange de vieille eau-de-vie et de vin blanc vieux. L'immortalité serait-elle à ce prix ? Essayez... Vous serez alors ambroisien, ambrosien ou encore ambrosiaque (adjectifs), c'est-à-dire nourri ou parfumé d'ambroisie.

  • Sûr que prélever le coeur d'un individu, c'est le condamner à mort. C'est ce qui est arrivé à tellement de palmiers qui ne possèdent qu'un seul stipe (tronc), qu'il a fallu mettre le holà sous peine d'extinction de nombreux genres et espèces. Eh oui, notre consommation de coeurs de palmier, mets apprécié à travers le monde, en est responsable. Mais rassurez-vous, protecteurs de la nature, la plus grosse partie des coeurs actuellement consommés sont prélevés sur des sujets cultivés. L'honneur est sauf, et les palmiers aussi.

  • Parmi les plantes oléagineuses, quelle est la plus cultivée au monde ? Le soja, avec plus de 193 millions de tonnes en 2003 ! Cette plante venue d'Extrême-Orient, cultivée dans toutes les régions tropicales et subtropicales, joue un très grand rôle dans l'alimentation d'une grande partie de l'humanité. On consomme les graines germées, généralement celles vertes du haricot mungo (Vigna radiata), crues ou en en salade, cuites en bouillie, soupe ou autre purée, et transformées en nouilles chinoises, alors que les jaunes (Glycine max) donnent de l'huile et sont transformées en tourteaux pour l'alimentation humaine comme celle du bétail, sans oublier le tofu, pâte reconstituée pochée ou grillée très populaire au Japon et en Chine. Les plus importants pays producteurs ? USA, Brésil, Argentine, Chine.

  • Depuis quelques années, le maïs est la plante dont on produit le plus fort tonnage au monde : 635 millions de tonnes par an (occupant 141 millions d'hectares), devant le riz : 585 millions de tonnes (150 millions d'hectares), et le blé : 556 millions de tonnes (208 millions d'hectares).

  • De culture aisée, sans grandes exigences, les muscaris fleurissent facilement et longtemps. Voilà des propriétés qui ont valu à ce genre de se faire élire plante bulbeuse pour l'année 2005 par les professionnels hollandais. Plantés en plein soleil ou à la mi-ombre, les petits bulbes nous gratifient de fleurs généralement bleues, mais des teintes violettes ou blanches existent également. A mettre en terre en automne, par groupe, pour une floraison printanière.

  • Plantes tropicales cultivées en Europe comme ornementales, les taros (notamment Colocasia esculenta et Alocasia macrorrhiza) nourrissent en Asie et en Afrique de nombreuses populations, et cela depuis bien longtemps. En effet, en Inde on les apprécie, paraît-il, depuis plus de 7000 ans. C’est le rhizome, pouvant atteindre une taille conséquente suivant les variétés, qui est consommé cuit. Cru, il contient de l’oxalate de calcium, âcre et irritant, qui disparaît à la cuisson. En 2003, la production mondiale des différents taros a approché les 9 millions de tonnes.

  • Si vous vous faites traiter de patate, vous risquez très vite d’en avoir gros, sur la patate. Pourtant, nous devrions avoir un peu plus de respect pour ce légume extrêmement consommé. Alors, patate douce, serait-ce plus gentil ? Mais restons dans notre sujet, les plantes, et parlons justement de cette patate douce, Ipomoea batatas en latin. Celle-ci joue également un grand rôle dans l’alimentation de nombreuses populations, avec plus de 121 millions de tonnes produites annuellement. Pas étonnant, elle possède une valeur nutritive extrêmement élevée. Et contrairement à sa grande sœur la pomme de terre, la patate douce fournit des feuilles comestibles, qui servent aussi de fourrage.

  • Le grand vecteur de la connaissance, c’est bien évidemment le papier. Depuis son invention par les Égyptiens, dix-huit siècles avant notre ère, de l’encre a coulé, les écrits se sont multipliés, généralement pour le plus grand bien de l’humanité. Le mot papier vient du latin papyrus, du grec papuros, désignant un roseau d’Égypte, dénommé bien plus tard Cyperus papyrus par les botanistes. Ces plantes croissaient jadis très nombreuses sur les bords du Nil, utilisées comme combustible (la racine), d’aliment (la moelle contenue dans les tiges), mais surtout comme base pour l’écriture, remplaçant la pierre évidemment moins pratique. Aujourd’hui, de nombreuses plantes, notamment des conifères mais aussi des feuillus, fournissent la pâte à papier, malheureusement au détriment de nos forêts.

  • Parmi les reines des fleurs il est une espèce qui mérite que l’on s’y attarde particulièrement, c’est la rose des chiens (Rosa canina) ou églantier commun. Si vous le trouvez beaucoup dans la nature à l’état sauvage, mais peu chez les rosiéristes, il est tout de même extrêmement présent chez ces derniers puisqu’il sert de porte-greffe à vos belles variétés de parc et de jardin. Il vit longtemps, on en aurait trouvé de trois cents ans, de mille même. Son nom, que l’on pourrait considérer comme péjoratif, vient tout simplement de l’utilisation, jadis, des racines pour soigner la rage. Non seulement beau et odorant, cet arbuste nous livre aussi ses délicieux fruits. Décidément il a tout pour lui, mais comment a-t-on pu lui adjoindre une appellation aussi triviale que « gratte-cul », il ne le mérite pas.

  • Cumin ou carvi ? La question est loin d’être tranchée, tellement il y a confusion entre les deux. Le premier, Cuminum cyminum, est une plante annuelle originaire d’Asie centrale et d’Afrique du Nord, alors que le carvi, Carum carvi, est une bisannuelle originaire de toute l’Europe (sauf îles britanniques) et de l’ouest de l’Asie. Les deux fournissent principalement une graine aromatique très utilisée, mais parfois à tort dans certains plats, car on a donné le nom de cumin aux deux, occultant souvent le nom carvi. C’est pourtant ce dernier qui doit aromatiser la choucroute, les fromages et bien d’autres mets, entrer dans des liqueurs ou l’alcool dénommé aquavit des pays du nord de l’Europe. Alors, carvi ou cumin ? Ce n’est pas kif-kif, mon frère, les vrais gourmets le savent bien.

  • Connaissez-vous beaucoup de plantes qui croissent de 10 cm par jour ? Pour le bambou géant (Dendrocalamus giganteus) c'est une réalité dans ses régions tropicales d'origine en Asie, où il atteint en fin de compte plus de 30 mètres. Très précieux dans les pays où ils prospère, son utilisation est extrêmemnt variée au point où le bambou peut être considéré comme un don du ciel. Hélas, l'homme en a fait aussi un instrument de torture comme par exemple à Bali où jadis les condamnés à mort furent immobilisés au-dessus de la pousse qui les pénétrait doucement. Ils mouraient ainsi dans d'atroces souffrances. On a rapporté après la seconde guerre mondiale que des soldats Japonais traitaient de la même manière des prisonniers de guerre particulièrement récalcitrants. Fallait probablement pas laisser perdre les "bonnes" vieillles méthodes...

  • Des poils, il en existe de tout poil sur les plantes, certains franchement gênants, comme sur l'ortie, d'autres provoquant des rougeurs sur la peau des pauvres humains, même carrément des allergies, ce qui peut vous rendre vraiment de mauvais poil. Le bouquet, c'est le poil à gratter, par exemple celui du fruit du platane. Quel gamin ne s'est pas amusé avec ces petites boules tombant de nos arbres d'alignement préférés. Il ne faut pas avoir un poil dans la main pour les ramasser et les décortiquer. Pas à poil, surtout, c'est trop risqué. Enfin quelle rigolade, on se poile un max quand on tombe sur le poil du petit copain poilu, mais on dégage un poil plus vite quand il reprend du poil de la bête et vous attrape à un poil près. Plus tard on en rigole et tout revient au poil, pile poil.

  • Parmi les plantes utiles non comestibles, en voilà une à se placer parmi les premières. Pensez donc, comment roulerions-nous sur nos routes si nous n'avions ce précieux apport que nous livre l'hévéa, à savoir le caoutchouc naturel. Certes, le latex récupéré sur ces arbres, cultivés aujourd'hui principalement en Asie du Sud-Est, n'est pas la seule matière de la sorte, puisqu'il existe aussi du caoutchouc synthétique. Mais c'est la base de ce produit dénommé d'après le mot d'une langue indigène de l'Équateur caao-chu. Imaginez, à la fin du 15e siècle, la curiosité de Christophe Colomb et de ses compagnons lorsqu'ils découvrent des indigènes de Haïti se servir de balles élastiques, matière totalement inconnue sur le vieux continent. Plus tard on s'aperçut que plusieurs objets étaient fabriqués avec la résine de cet arbre. Et l'aventure du caoutchouc commence, allant de progrès en progrès, jusqu'à devenir un produit de grande consommation totalement indispensable. Regardez bien autour de vous, vous le découvrez partout.

  • Bec de grue ou de cigogne, bien vu, le fruit possédant une ressemblance certaine avec cet organe saillant de la tête de certains oiseaux. La pertinence des auteurs de noms de plantes nous épate toujours. Heureusement qu'on ne leur a pas cloué le bec (réduits au silence), certains étant probablement de bons becs, forts en bec (parlant avec facilité et hardiesse), d'autres de fins becs (gourmets). Ceux qui avaient bon bec et ongles (pourvus de moyens de défense) devaient de temps en temps donner un coup de bec (un trait piquant) ou se prendre de bec (échanger des propos un peu vifs). Encore moins agréable, tenir quelqu'un le bec dans l'eau (le laisser dans l'incertitude, dans l'attente), et surtout tomber sur un bec (un obstacle imprévu). Mais dans l'adversité, ne vous laissez pas faire, ouvrez votre bec !

  • Extrêmement répandue, l'herbe à Robert pousse à peu près partout dans l'hémisphère nord. Connu des Anciens qui lui ont prêté de nombreuses vertus, Dioscoride le mentionne déjà au premier siècle après J.-C., ce géranium a été attribué à saint Robert ou Rupert, évêque de Salzbourg au huitième siècle, supposé avoir découvert ses bonnes propriétés. Quatre siècles plus tard, sainte Hildegarde le recommande, entre autres utilisations, comme antidote contre la douleur. Différents médecins, tout au long des temps, ont prôné son utilisation, jusqu'à nos jours où on le retrouve dans plusieurs médicaments homéopathiques. Il passe pour être efficace contre les ballonnements, les flatulences, les diarrhées, la mauvaise circulation sanguine. Aux grands maux, petites plantes suffisent parfois.

  • Elle porte bien son nom, la plante de la résurrection. Desséchée, on la jette si l'on ne connaît pas sa formidable capacité à reverdir au contact d'une bonne trempette ; mettez la dans une soucoupe avec de l'eau, la transformation se fait en peu de temps et bientôt vous admirez une belle plante bien verte. Sans eau elle revient à son aspect desséché jusqu'au prochain bain. Sacré curiosité !

  • Si vous croyez que jalousie et rivalité sont des travers du monde d'aujourd'hui, détrompez-vous et lisez la petite histoire ci-après. Elle est ancienne, du temps de la mythologie grecque. Orchamos, roi de Babylone, avait une fille prénommée Leucothoé ou Leukothoê. Elle fut aimée d'Hélios, dieu du Soleil et de la Lumière. Mais la jalouse Clytia, sa rivale, la dénonça à son père qui la fit enterrer vive, le cruel. Apollon, passant par là, en eut pitié et la transfoma en héliotrope.

  • L'aubépine est réputée vivre jusqu'à 500 ans, mais comme pour toutes les règles, il y a des exceptions. Une des plus vieilles représentantes du genre en France a largement dépassé cet âge, c'est l'aubépine de Bouquetot, une commune de l'Eure. Pensez donc, elle aurait été plantée pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France en 1355, au début du règne de Charles V. Elle a reçu le label "Arbre remarquable de France". Cependant, dans un bourg de la Mayenne, à Saint-Mars-sur-la-Futaie plus précisément, on n'est pas sûr du fait, il serait envisagé que ce soit là que se trouve la plus vieille aubépine du pays. Les témoins d'époque sont plutôt rares pour arbitrer le différend...

  • Il était une fois, du temps des Celtes, un vaurien dénommé Jack O. auquel le diable offrit une lampe fabriquée à partir d'une grosse rave, dans laquelle des charbons ardents luisaient vivement, afin que leur lumière guide les pas du chenapan dans la nuit sombre. Bien plus tard, des Irlandais émigrés aux Etats-Unis remplacèrent la rave par une grosse citrouille, une courge ou encore un potiron, et c’est ainsi que depuis lors on voit des enfants arpenter les rues pour fêter Halloween le 31 octobre. Le nom a pour origine « All Hallows’ Eve », la nuit avant la Toussaint.

  • Les Indiens Guaranis, établis en Amérique du Sud, utilisent depuis des siècles la stévia, plante hors du commun pour ses propriétés sucrantes. Il aura fallu attendre sa découverte en 1905 par un botaniste, le Dr Moisés de Santiago Bertoni (1857-1929) né en Suisse italienne, immigrant en 1882 au Paraguay, et 2009 pour obtenir son autorisation de mise en vente sur le marché français. Plus d’un siècle la belle a patienté, mais elle a pris sa revanche de façon éclatante sur ses rivales, les cannes à sucre et les betteraves sucrières. Pas étonnant quand on sait que son pouvoir sucrant est 300 fois supérieur à ses concurrentes. Vous la trouvez aujourd’hui dans les rayons des magasins sous différentes formes, ainsi que dans les aliments et boissons réclamant un ajout mielleux ou sirupeux. En plus, elle posséderait des propriétés hypoglycémiantes qui combattent le diabète. Parfaite inconnue il y quelques années, on en parle, on en consomme, et on la trouve de plus en plus dans le jardin familial. Ne dit-on pas : « On prend plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre » ?

  • Il y a lotus et lotus. Une fois de plus la nomenclature latine des plantes démontre son utilité, en fait son côté indispensable. Essayez donc, quand on vous parle simplement de lotus de savoir à quelle plante l’auteur se réfère. Sauf précision de sa part, vous avez le choix entre végétaux de nature différente : arbres, arbustes, herbes, aquatiques, terrestres, qui se rattachent à divers genres et espèces, et à plus de cinq familles. Pour peu que vous y ajoutiez les lotiers, le maquis devient inextricable. Ainsi, par exemple, un article paru dans une importante revue vantant les bienfaits du lotus ne sert strictement à rien, de quoi exactement est-il question ? Il ne suffit pas, en l’occurrence, de nommer les choses par leur nom, il faut préciser.

  • Faire de beaux rêves, tout le monde en... rêve. Les Indiens d'Amérique croyaient fermement aux bienfaits de la passiflore. En effet, au18ème siècle ils ont découvert que des substances extraites de Passiflora incarnata procurent des nuits chimériques, pleines d'illusions aux pauvres humains en proie aux inquiétudes et autres troubles de l'âme, au moment de se laisser aller dans les bras de Morphée. Depuis, la littérature nord-américaine ne cesse de relater les effets calmants de cette plante. Plus proche de nous, des études de l'université de Würzburg (Allemagne) ont démontré le bien-fondé de cette croyance, au point de désigner cette grimpante plante médicinale de l'année 2011. Cette distinction n'est accordée qu'à des végétaux dont l'efficacité a été scientifiquement prouvée. De plus en plus de personnes trouvent dans les médicaments à base de passiflore de quoi se détendre tout au long de la journée, le soir venu une petite dose leur permettrait de se glisser voluptueusement dans un sommeil réparateur. Le songe d'une nuit... paisible.